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Europe Pétrole et coronavirus enterrent les Bourses

L'aggravation de l'épidémie de coronavirus et la chute des prix du pétrole ont semé un vent de panique sur les marchés européens.

Les marchés en Europe ont bouclé sur un bain de sang.

Les marchés en Europe ont bouclé sur un bain de sang. Image: AFP

Une crise à 2000 milliards de dollars

Les économistes de l'ONU ont estimé lundi que l'épidémie du nouveau coronavirus pourrait faire perdre au monde entre 1000 et 2000 milliards de dollars (entre 877 milliards et 1772 milliards d'euros) cette année.

Dans une nouvelle étude publiée lundi, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) assure que l'épidémie du Covid-19, qui perturbe la vie économique et quotidienne dans de nombreux pays, va provoquer une récession dans certains pays et une décélération de la croissance mondiale en dessous de 2,5%, qui est généralement considéré comme le seuil récessionniste pour l'économie mondiale.

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Face à la propagation mondiale du coronavirus et la guerre des prix du pétrole qui se dessine, les investisseurs ont cédé lundi à la panique, se lançant dans une vente à tout-va. Les grandes places financières internationales, les devises et le pétrole ont chuté, incitant les banques centrales, et éventuellement la BNS, à réagir pour soutenir l'économie.

Rarement, les places mondiales ont affiché pareille déroute: la Bourse de Milan s'est effondrée de plus de 11% à la clôture, alors que l'Italie a imposé des mesures restrictives sur les régions les plus dynamiques économiquement du pays.

La Bourse de Paris a accusé sa pire chute sur une séance depuis 2008 (-8,39%) tout comme la Bourse de Londres (-7,69%). La Bourse de Francfort a dégringolé de 7,94%, sa plus forte baisse depuis le 11 septembre 2001.

En Suisse, la place zurichoise n'a pas été épargnée par cette lame de fond, le principal indice SMI a fini en recul de 5,55% à 9196,60 points.

Les indices de volatilité bondissent

«Les dix dernière séances de Bourse se classent parmi les plus tumultueuses de l'histoire», ont résumé les analystes d'UBS dans un commentaire de marché. En cause, «la peur du coronavirus qui paralyse aussi l'économie en Europe et aux Etats-Unis» et qui affecte désormais également les entreprises, ont complété leurs homologues de la Banque cantonale de St-Gall.

Pour les spécialistes de Raiffeisen, «la peur du coronavirus a aussi saisi les investisseurs en Suisse», d'autant plus qu'en Italie voisine les autorités ont décrété de larges zones de quarantaine.

Les économistes de l'ONU ont estimé lundi que l'épidémie du nouveau coronavirus pourrait faire perdre au monde entre 1000 et 2000 milliards de dollars cette année.

Le nombre de cas de nouveau coronavirus a atteint 110'564, dont de 3862 décès, dans 100 pays et territoires, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles. La Suisse a quant à elle confirmé 312 cas et enregistré dimanche un 2e décès dû au Covid-19, un homme âgé de 76 ans en mauvaise santé.

La peur des investisseurs est reflétée dans les indices de volatilité. L'indice de volatilité VSMI a ainsi progressé lundi de 23,2% à 43,55 points.

Illustrant le rebond de la volatilité, les analystes de Mirabaud Securities ont évoqué les récentes sorties subies par les fonds obligataires (-12,6 milliards de dollars) et en actions (-23,3 milliards).

Pour UBS, «les prochaines semaines pourraient déterminer si l'épidémie de virus aux Etats-Unis pourra être contenue en un ou deux mois avec un coût économique relativement modeste ou si elle s'intensifiera, provoquant des perturbations plus drastiques et prolongées».

Les marchés financiers sont donc passés en «mode panique», selon Axitrader. A l'épidémie de coronavirus s'ajoute désormais celle du pétrole, ont-ils souligné.

Pire chute du pétrole depuis la 1ère guerre du Golfe

Les cours du pétrole se sont en effet effondrés de plus de 30% en Asie lundi matin, enregistrant la chute la plus sévère depuis la guerre du Golfe de 1991, après que l'Arabie saoudite a lancé une guerre des prix du brut. Riyad a décidé unilatéralement de baisser ses tarifs à la livraison, en raison de l'échec de l'OPEP et de la Russie à se mettre d'accord pour soutenir les cours.

«Les cours du pétrole connaissent leur pire journée depuis 1991 en chutant de 30% à l'ouverture des marchés», a souligné la Banque IG, précisant que les craintes d'une inondation de l'offre et d'une chute de la demande en raison de l'épidémie ont fait reculer les cours de pétrole.

Les devises n'ont pas été épargnées et le franc suisse s'est nettement apprécié par rapport aux monnaies de ses principaux partenaires commerciaux, l'Union européenne et les Etats-Unis. Vers 18h20, la monnaie helvétique s'échangeait à 1,0513 franc pour un euro et à 0,91748 franc pour un dollar, renchérissant le prix des exportations suisses.

Les valeurs refuges devraient être plébiscitées à court terme, du franc suisse au yen japonais en passant par l'or. Le métal jaune s'échangeait actuellement à 1671,43 dollars l'once.

Les banques centrales en première ligne

Alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) a récemment abaissé ses taux directeurs, les analystes se demandent ce que va faire jeudi la Banque centrale européenne (BCE) et par la suite son homologue helvétique (BNS).

«Nous prévoyons que la BCE réduira son taux de dépôt de 10 points de base à -0,6% jeudi prochain et nous n'excluons pas qu'elle annonce un nouvel assouplissement quantitatif», ont indiqué les analystes d'UBS.

Pour les experts de Bantleon, «la BNS doit absolument agir si la BCE abaisse jeudi ses taux, sinon la différence de taux avec la zone euro sera trop faible». L'institut d'émission suisse pourrait ainsi abaisser son taux directeur de -0,75% à -1,00%, et ce dès vendredi pour réagir rapidement à un éventuel assouplissement monétaire dans la zone euro. (afp/nxp)

Créé: 09.03.2020, 18h44

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