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Crise du franc fort Le chômage partiel moins utilisé que prévu

Les entreprises actives à l'exportation ont été plus touchées par la force du franc.

Neuchâtel, première région horlogère du pays, a enregistré et accepté des demandes pour 971 travailleurs en 201.

Neuchâtel, première région horlogère du pays, a enregistré et accepté des demandes pour 971 travailleurs en 201. Image: Archives/Keystone

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L'accès assoupli au chômage partiel (RHT) décidé par le Conseil fédéral devait permettre aux industries exportatrices d'encaisser le choc après l'abandon, le 15 janvier 2015, par la Banque nationale suisse du taux plancher de l'euro. Un an après, les cantons interrogés s'attendaient à devoir davantage activer cet instrument.

Les entreprises actives sur des marchés d'exportation ou sous-traitantes, l'industrie des machines-outils, l'horlogerie, l'électronique, la métallurgie, le secteur du bâtiment et l'aéronautique sont plus particulièrement touchés par la force du franc.

A Berne, un large spectre de branches est par exemple touché, du fait du franc fort, mais aussi de la météorologie. Marc Gilgen, membre de la direction du Beco Economie bernoise, pointe également le fait que l'économie nationale est soumise à la concurrence étrangère.

Pas encore 2009

Le canton de Neuchâtel, première région horlogère du pays, a enregistré et accepté des demandes pour 971 travailleurs en 2015, le nombre de demandes mensuelles ayant plus que doublé par rapport aux 38 reportées en janvier. En décembre, près de 70% d'entre elles concernaient des travailleurs du secteur «électrotechnique, électronique, montres et optique».

«Bien qu'une hausse importante des RHT est survenue en 2015, il convient de relever que Neuchâtel se situe à un niveau encore bien inférieur à celui qui a fait suite à la crise des subprimes», pondère Silvia Locatelli, chargée de mission au canton.

Même modération dans le Jura. «Nous n'avons pas constaté de fluctuation significative ces derniers mois, mais ça ne veut pas dire que la situation ne va pas changer. Nous restons cependant loin du pic atteint lors de la crise de 2008-2009», contextualise Claude-Henri Schaller, chef du Service de l'économie et de l'emploi du canton.

Une soixantaine d'entreprises étaient au bénéfice d'une telle autorisation pour le mois de décembre dernier. «Le chiffre était plus élevé quelques mois auparavant, et a légèrement diminué lors des trois derniers», met-il en perspective.

Hausses modérées

Sur Vaud, alors que 164 demandes avaient été traitées en 2014 pour une centaine acceptées, quelque 200 ont été accordées en 2015 sur 292 sollicitations. A Genève, 216 dossiers ont été traités pour 189 admis ou partiellement admis en 2015, dont environ un quart entre octobre et décembre - en tenant compte des demandes de prolongation des entreprises en RHT.

Dans le canton de Berne, si le nombre de requêtes, concernant 9876 travailleurs, est grimpé entre 2014 et 2015 de 209 à 658 pour respectivement 93 et 599 accordées (dont la moitié environ dans le Jura bernois), la situation peut difficilement être qualifiée de «dramatique», nous dit-on.

A titre de comparaison, pas moins de 208 entreprises avaient été autorisées à recourir au chômage partiel en février 2009 dans le Jura. Dans le canton de Berne, 3000 demandes avaient été déposées sur l'ensemble de l'année. A Neuchâtel, des demandes pour 8000 à 10'000 travailleurs avaient alors été recensées certains mois.

Situation incertaine

«Pour le moment, je n'ai pas le sentiment d'être assailli de demandes, nous touchons du bois. Les inquiétudes de 2015 ne se sont pas concrétisées», souffle François Vodoz, chef du Service de l'emploi vaudois. «L'économie résiste bien, les carnets de commandes étaient suffisamment remplis.»

S'il refuse de se montrer alarmiste, Claude-Henri Schaller concède lui que la situation actuelle se caractérise par un manque de visibilité, d'autant que la situation des marchés étrangers - en Europe comme en Asie et au Moyen-Orient - «ajoute à l'incertitude ambiante». La RHT, qui se veut temporaire, n'est cependant pas la panacée.

Beaucoup d'entreprises ont «pris des mesures internes touchant ou non leur personnel. Des contrats relatifs à du personnel intérimaire sont par exemple adaptés ou non renouvelés. Et les frontaliers, très présents dans ce type d'emplois comme dans le tissu économique jurassien en général, n'entrent pas dans les statistiques du chômage», note Claude-Henri Schaller.

Si les carnets de commandes étaient encore garnis en 2015, la situation pourrait se détériorer. D'autant que les perspectives conjoncturelles sont passablement sombres pour 2016, avec un taux de chômage moyen prévu à 3,6% par le SECO, à l'annonce de la montée à 18 mois de la durée du chômage partiel. (ats/nxp)

Créé: 25.01.2016, 10h24

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