Lundi 14 octobre 2019 | Dernière mise à jour 01:23

Croissance La croissance helvétique revue à la baisse

Le Secrétariat d'Etat à l'économie estime que le contexte international dégradé pénalisera le commerce extérieur helvétique en 2020.

Les précédentes prévisions conjoncturelles publiées en juin par le Seco étaient plus favorables pour l'année 2019.

Les précédentes prévisions conjoncturelles publiées en juin par le Seco étaient plus favorables pour l'année 2019. Image: Photo d'archives/Keystone

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La Suisse devrait connaître un coup de mou conjoncturel ces prochains mois, conséquence notamment du ralentissement économique mondial et des tensions géopolitiques. L'emploi et la consommation privée devraient néanmoins rester solides, selon les projections des analystes.

«La plupart des indicateurs économiques actuels sont presque entièrement négatifs», a estimé l'économiste en chef de Credit Suisse, Oliver Adler, ajoutant n'entrevoir «que très peu de signaux positifs». Si la Suisse devrait être en mesure d'éviter une récession, elle risque cependant de connaître «une faible croissance» à l'avenir, a souligné son collègue Claude Maurer, responsable de l'analyse conjoncturelle nationale, lors d'une conférence de presse à Zurich.

L'année dernière, la Confédération a affiché une santé resplendissante avec une croissance économique de 2,5%, selon les chiffres du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco).

Effet exceptionnel

Mais, comme l'on souligné les spécialistes de la banque aux deux voiles, l'économie helvétique a profité, via les instance internationales comme la Fifa ou le CIO implantées sur territoire suisse, des retombées économiques des Jeux olympiques d'hiver en Corée du Sud et de la Coupe du monde de football en Russie.

Ces effets exceptionnels ne vont pas se reproduire cette année, qui en plus est péjorée par un ralentissement économique mondial et une série d'aléas géopolitiques - crise politique à Hong Kong, litige commercial sino-américain, Brexit, changement de gouvernement en Italie.

Concrètement, ces incertitudes devraient se traduire pour la Suisse par un ralentissement économique. En 2019, Credit Suisse anticipe désormais un produit intérieur brut (PIB) en hausse de seulement 1,1%, contre 1,5% dans ses précédentes estimations. L'exercice prochain, la croissance devrait atteindre 1,4%, nettement moins que les 1,8% jusqu'à présent attendus, a détaillé Credit Suisse.

Le Seco table sur une croissance du PIB de 0,8% pour 2019 (contre 1,2% précédemment attendu) et de 1,7% pour 2020 (prévision inchangée), en raison d'un contexte international dégradé pénalisant le commerce extérieur helvétique et les investissements. L'Allemagne, premier partenaire commercial de la Suisse, devrait connaître une croissance ralentie au deuxième semestre.

Le groupe d'experts de la Confédération s'attend d'ici la fin de l'année à une moindre demande étrangère engendrant un tassement des exportations, «ce qui n'était pas arrivé depuis des années», selon ses termes. La croissance des exportations est ainsi estimée à 2,3% pour 2019, contre 3,1% lors des prévisions de juin.

Comment va réagir la BNS?

Le ralentissement ne devrait pas épargner les grandes économies de la planète. Après une expansion de 1,8% en 2018, le PIB de la zone euro ne devrait plus croître que de 1,2% en 2019 et l'année suivante. L'Allemagne, premier client de la Suisse, devrait freiner à 1,5% cet exercice et à 1,6% le suivant, selon les projections de la banque zurichoise.

Sur le plan intérieur, les perspectives ne sont pas favorables. Les investissements des entreprises dans les biens d'équipements sont freinés en raison de la baisse d'utilisation des capacités de production et de la faiblesse des entrées de commandes. Le renchérissement du franc par rapport à l'euro va certes peser sur les exportations, mais sans que ce secteur ne subisse un effondrement, a nuancé Credit Suisse.

Côté positif, le ralentissement conjoncturel devrait avoir un impact modéré sur l'emploi. Credit Suisse table ainsi sur un taux de chômage de 2,3% en 2019 et de 2,4% l'année suivante, après 2,6% en 2018. Le Seco table quant à lui sur un taux de respectivement 2,3% et 2,5%. La solidité du marché de l'emploi devrait à son tour soutenir la consommation des ménages, attendue en hausse de 1,0% et de 1,3%. «Le secteur des services continue de croître, ce qui soutient la consommation», a souligné M. Adler.

L'inflation devrait quant à elle rester très modérée à 0,5% pendant les deux années sous revue, nettement sous l'objectif d'environ 2% visé par la Banque nationale suisse (BNS). La faible accélération des prix suggère que les tarifs des produits et services, ainsi que les salaires ne vont pas connaître de hausse notable.

Dans ce contexte d'incertitude, les yeux se braquent vers la BNS qui doit dévoiler jeudi sa politique monétaire. Si les augures de Credit Suisse ne s'attendent pas dans l'immédiat à une baisse des taux directeurs, une dégradation supplémentaire de la conjoncture mondiale, une baisse des taux par d'autres instituts d'émission ou encore une forte pression sur le franc pourraient faire sortir la banque centrale helvétique de sa réserve, ont-ils averti. (ats/nxp)

Créé: 17.09.2019, 08h08

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