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Suisse Les crèches se gèrent aujourd'hui comme des PME

En Suisse, le secteur de la petite enfance est en plein boom.

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Photo d'illustration. Image: Keystone

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Pour répondre aux standards élevés fixés par les autorités, les établissements privés et publics décident d'externaliser l'exploitation de leur crèche. Un modèle économique qui séduit de plus en plus.

Doté d'un fort potentiel, le secteur de la petite enfance en Suisse est en plein développement. L'assureur Generali, la Romande Energie ou plus récemment l'Hôpital fribourgeois ont par exemple opté pour le modèle proposé par Pop e Poppa.

La société vaudoise assure elle-même l'exploitation des crèches qu'elle met en place. «Le milieu de la petite enfance s'est fortement professionnalisé depuis 10 à 15 ans, analyse le co-fondateur de Pop e Poppa, Frédéric Chave. Aujourd'hui, une crèche se gère comme une PME.»

Aussi pour les communes

Née de l'association entre la société suisse Amalthée et la française La Maison Bleue, Pop e Poppa met son expertise au service des entreprises. Mais ses services n'excluent pas pour autant les municipalités qui souhaitent confier l'exploitation de leurs structures d'accueil à ce spécialiste de la création et de la gestion.

«Gérer une crèche demande une forte implication et des connaissances approfondies du milieu, précise Frédéric Chave. Les petites communes n'ont pas les moyens nécessaires pour mettre en place des services de cette envergure.»

Andrea Weik, cheffe de l'Office des mineurs du canton de Berne, dresse le même constat. «Les exigences en matière d'autorisation d'exploitation sont élevées. Le fait de confier la création et la gestion d'une structure à des professionnels expérimentés peut permettre à une future direction ou commune de se lancer plus facilement dans un tel projet.»

Economies et rentabilité

Mais si les communes préfèrent confier la gestion de leur crèche à des acteurs privés, est-ce parce que les subventions et les aides des cantons ne sont pas assez importantes? «Les cantons subventionnent, mais la réalité des économies budgétaires est la même partout, concède Andrea Weik. La demande de place d'accueil est encore en augmentation, mais les moyens financiers ne suivent pas.»

Une commune, qui souhaite se lancer dans un projet de crèche, préfère donc choisir une société privée pour rentabiliser au mieux les moyens à sa disposition et ceux qu'elle est prête à investir. «Mais l'externalisation à un acteur privé n'est pas une mauvaise chose, défend Andrea Weik. Elle est une option qui peut répondre à des besoins particuliers et ne représente pas une concurrence pour les cantons.»

Standards élevés

Les sociétés privées comme Pop e Poppa ont évidemment tout intérêt à s'engager dans un rapport de partenariat avec les autorités cantonales, ces dernières étant les organes de subventionnement, d'autorisation et de surveillance. Des cantons qui établissent par ailleurs des réglementations strictes concernant par exemple les qualifications du personnel, l'aménagement des locaux, la sécurité, la santé ou encore les finances.

«Et c'est à ce niveau-là que se situe certainement le point sensible de ces sociétés privées», accorde Andrea Weik. Pour répondre à ces standards, les établissements sont presque obligés de confier la gestion de leur crèche aux spécialistes qui en ont fait leur business. Un marché en pleine expansion si l'on se réfère à la récente fusion de Pop e Poppa Suisse et de thkt familienservice.

Nouveau leader du marché

Une fusion annoncée en avril qui donne naissance au leader du marché des crèches et des services aux familles. Le nouveau groupe, présent en Suisse romande et Suisse alémanique, exploite dorénavant environ 1150 places d'accueil réparties dans 28 structures. Une combinaison de forces sans précédent sur le marché helvétique.

«Les deux entreprises partagent la même philosophie et les mêmes critères de qualité. La fusion nous rend complémentaires géographiquement, mais également au niveau des prestations», précise Frédéric Chave, qui vise avec ce nouveau groupe un volume d'activités de 40 millions de francs en 2017. (ats/nxp)

Créé: 03.06.2016, 09h47

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