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Gestion de fortune Le Credit Suisse lorgnerait sur Julius Baer

Le numéro deux bancaire helvétique veut se renforcer dans la gestion de fortune. Selon une rumeur qui circule, le groupe aurait des vues sur la banque privée zurichoise Julius Baer.

Le Credit Suisse lorgne sur la banque privée zurichoise Julius Baer, à en croire une rumeur de marché qui circule depuis quelques jours.

Le Credit Suisse lorgne sur la banque privée zurichoise Julius Baer, à en croire une rumeur de marché qui circule depuis quelques jours. Image: ARCHIVES/Keystone

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Le rachat de Julius Baer permettrait au Credit Suisse de se renforcer dans la gestion de fortune en gonflant les capitaux gérés.

Julius Baer jouit d'une bonne «expertise dans le domaine», explique Dusan Isakov, professeur à la chaire de gestion financière de l'Université de Fribourg ce mardi 2 septembre. Par la même occasion, le Credit Suisse réduirait l'importance de son secteur banque d'affaires («investment banking»), très sensible aux soubresauts conjoncturels.

La grande banque pourrait par la même occasion se recentrer un peu sur le marché helvétique. Les activités de Julius Baer se situent en effet essentiellement en Suisse.

Encore loin d'UBS

La manoeuvre constituerait «un gros pas en avant» dans la gestion de fortune, renchérit un autre expert. Augmenter les fonds sous gestion constitue une bonne méthode pour améliorer ses résultats. Car, dans le contexte actuel, les marges se contractent régulièrement, alors que les frais de mise en conformité à une législation devenant de plus en plus sévère grimpent.

Le Credit Suisse pourrait par l'entremise de cette opération «se rapprocher légèrement d'UBS», le numéro un suisse, poursuit ce spécialiste qui préfère garder l'anonymat. Les quelque 270 milliards de francs de Julius Baer s'ajouteraient aux 1320 milliards du Credit Suisse. L'avance d'UBS demeure toutefois assez nette, avec plus de 2200 milliards sous gestion.

Informatique moderne

La transaction comporterait également des avantages pour Julius Baer, notamment d'un point de vue technique. «Le système informatique de Julius Baer se trouve dans un âge avancé. Le rajeunir coûterait des centaines de millions de francs», souligne le même analyste.

Le Credit Suisse, en revanche, dispose d'une infrastructure mise à jour. Julius Baer pourrait du coup s'épargner des frais considérables en passant sous son aile.

Amende américaine

Si le Credit Suisse venait à acquérir la banque privée zurichoise, le géant sectoriel «attendra très vraisemblablement que cette dernière s'acquitte de son amende auprès des autorités américaines», dans le cadre du conflit fiscal avec les Etats-Unis, estime l'analyste. Car le prix de l'acquisition s'en trouvera réduit, complète Dusan Isakov.

Deux scénarios se dessinent pour l'éventuelle transaction. Soit le Credit Suisse rachète les actions de Julius Baer. Soit le numéro deux bancaire helvétique ne reprend que les relations clients de l'établissement zurichois, et pas la société en tant que telle. «Le premier scénario devrait prévaloir», selon l'expert.

A noter encore que le directeur général de Julius Baer, le Vaudois Boris Collardi, pas encore 40 ans, a commencé sa carrière dans le monde bancaire au Credit Suisse, il y a une vingtaine d'années. (ats/nxp)

Créé: 02.09.2014, 09h14

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