Samedi 6 juin 2020 | Dernière mise à jour 00:41

Justice Démission d'avocats japonais de Carlos Ghosn

Embarrassés par la fuite de leur client au Liban, plusieurs avocats japonais de l'ex-patron de Nissan ont jeté l'éponge.

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L'avocat japonais le plus médiatique de Carlos Ghosn, Junichiro Hironaka, a annoncé jeudi le retrait de tout son cabinet de l'ensemble du dossier Ghosn, une conséquence de la fuite illégale au Liban de l'ancien patron de Renault-Nissan.

«Aujourd'hui, nous avons remis au tribunal de Tokyo une lettre de démission de tous les avocats du cabinet Hironaka pour l'ensemble des affaires concernant Carlos Ghosn», a expliqué le défenseur dans un bref communiqué. «Il n'y aura pas de conférence de presse à ce sujet», a-t-il ajouté. Il s'était dit «abasourdi» par la fuite de Carlos Ghosn fin décembre.

Cette décision n'est pas une totale surprise, car Junichiro Hironaka, 74 ans, avait signalé qu'il allait se retirer après l'évasion de son client. Mais il était en théorie possible que d'autres avocats de son cabinet prennent la relève sur l'épais dossier Carlos Ghosn.

Deux autres cabinets d'avocats japonais, celui de Hiroshi Kawatsu et celui de Takashi Takano, travaillaient aussi depuis un an avec Junichiro Hironaka pour défendre Carlos Ghosn, visé par quatre inculpations au Japon. Une source proche de Takashi Takano a précisé à l'AFP que lui et son équipe jetaient aussi l'éponge sur ce dossier, tandis que le bureau de Hiroshi Kawatsu a déclaré ne pas avoir d'informations à donner aux médias pour le moment.

Grand embarras

Lors des entretiens qu'il a accordés à divers médias depuis le Liban, Carlos Ghosn avait pourtant déclaré avoir toujours grand besoin de ses défenseurs japonais. Toutefois, ceux-ci ont été précipités dans un grand embarras par la fuite de leur client, dont l'interdiction de quitter le Japon était une condition de sa libération sous caution pour laquelle ses avocats s'étaient portés garants.

Junichiro Hironaka, qui s'était taillé une réputation de maître de l'acquittement au Japon, avait refusé la semaine dernière de laisser les procureurs entrer dans ses bureaux pour y saisir du matériel informatique utilisé par Carlos Ghosn, les enquêteurs soupçonnant qu'il ait préparé son évasion en faisant usage de l'ordinateur mis à sa disposition dans ces lieux. Par ailleurs, le tribunal de Tokyo a entériné jeudi la séparation des procès dans l'affaire Ghosn, selon les médias nippons.

Carlos Ghosn devait être jugé en même temps que son ancien bras droit Greg Kelly et Nissan dans le volet de l'affaire concernant les minorations de rétributions. Carlos Ghosn étant absent, seuls les deux autres seront jugés, car le droit pénal japonais ne prévoit pas de procès par contumace dans ce cas de figure. (afp/nxp)

Créé: 16.01.2020, 06h19

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