Vendredi 15 novembre 2019 | Dernière mise à jour 07:34

Suisse - UE Absence d'accord cadre: Economiesuisse crie «au loup!»

Selon l'organisation patronale, la Suisse doit s'entendre au plus vite avec l'Union européenne si elle veut conserver sa prospérité économique.

D'après economiesuisse, la voie bilatérale a largement fait ses preuves.

D'après economiesuisse, la voie bilatérale a largement fait ses preuves. Image: Keystone

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La Suisse doit signer d'urgence l'accord-cadre avec l'Union européenne, car sa prospérité en dépend. Tel est l'avis d'economiesuisse qui a organisé vendredi à Zurich sa Journée annuelle de l'économie en présence du président de la Confédération Ueli Maurer.

Les accords d'accès aux marchés européens existants représentent pour la Suisse un bénéfice économique de 20 à 30 milliards de francs par an, a rappelé le président d'economiesuisse Heinz Karrer. Or, seul l'accord-cadre permet de développer et de garantir une voie bilatérale qui a fait ses preuves, a-t-il souligné. Il faut donc s'entendre rapidement avec l'UE au sujet de l'accord-cadre.

Trop de confort, pas assez de solutions

Notoirement sceptique sur cet accord-cadre, le président de la Confédération Ueli Maurer (UDC) s'est focalisé sur l'immobilisme politique observé ces dernières années en Suisse, bercée, selon lui, par le confort de sa prospérité depuis si longtemps. «Depuis des années, ce pays repousse devant lui des solutions aux grands thèmes dont la prévoyance vieillesse ou les coûts de la santé», a déploré le ministre des finances.

«La montagne de problèmes non résolus devient ainsi de plus en plus grosse. Ils vont nous rattraper. Nous ne pouvons pas vivre éternellement aux frais de nos enfants», met en garde le conseiller fédéral qui se demande même si la Suisse est encore en mesure de réagir à temps.

Dans son discours, Ueli Maurer n'a épargné aucun parti politique: «le monde politique a travaillé peu consciencieusement ces dernières années (...) Nous souffrons tous de ce mal, de gauche à droite». Il a critiqué le manque de consensus autour de bonnes solutions. «Tous partent en courant dans une direction. C'est comme si on décidait spontanément de gravir le Cervin en pyjama!»

Perte de compétitivité

Heinz Karrer a partagé cet avis. Il a déploré l'«immobilisme économique» et les «blocages» de la législature qui se termine, ainsi que l'absence de réformes importantes et de solutions réunissant une majorité. La perte de compétitivité de la Suisse, tombée au 38e rang dans ce domaine dans l'analyse de la Banque mondiale, en est «la conséquence logique».

«On peut bien sûr ignorer ce genre d'études, mais ce ne serait pas intelligent, car elles influencent les décisions des entreprises en matière d'investissements», a prévenu le président de la faîtière des grandes entreprises suisses.

Contre le protectionnisme

Heinz Karrer a aussi critiqué les tentations protectionnistes de la politique suisse. Il a déploré que le Conseil des Etats ait soutenu en juin une motion demandant qu'une autorité fédérale contrôle les rachats d'entreprises suisses par des fonds étrangers. La motion faisait écho aux reprises de sociétés helvétiques par des entreprises chinoises. Protéger l'économie suisse contre des rachats est une erreur, estime economiesuisse. Selon l'organisation, les investissements étrangers sont un facteur central du succès d'une économie ouverte et connectée sur le plan international. La Suisse fait, en outre, partie elle-même des pays réalisant le plus d'investissements directs à l'étranger.

Heinz Karrer a qualifié d'«infondée» la peur que la Chine puisse racheter des entreprises et des infrastructures déterminantes pour la sécurité de la Suisse. La Confédération dispose d'instruments efficaces pour les protéger, a-t-il déclaré. A la place de se montrer protectionniste, la Suisse ferait mieux de mettre en avant son ouverture internationale, garante de sa compétitivité.

Climat: pas d'excès

M. Karrer a aussi évoqué la politique climatique. Il a apporté son soutien à l'objectif de la Conférence de Paris, mais il a rejeté des «restrictions excessives» limitées à la Suisse. Les présidents de l'UDC Albert Rösti, du PLR Petra Gössi, du PDC Gerhard Pfister et le vice-président du PS Beat Jans étaient eux aussi invités à la Journée de l'économie. Ils ont débattu des défis économiques qui attendent la Suisse au cours de la prochaine législature. (ats/nxp)

Créé: 06.09.2019, 17h42

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