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Automatisation Votre job menacé par un robot?

Un site vous renseigne si votre métier sera remplacé par un robot. À l’appui, une étude publiée par deux chercheurs en sciences sociales à l’Université d’Oxford.

La Suisse a, sur son sol, beaucoup d’entreprises capables de créer des emplois dans la robotisation, selon des experts.

La Suisse a, sur son sol, beaucoup d’entreprises capables de créer des emplois dans la robotisation, selon des experts. Image: IStockPhoto

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Caissier, comptable, chauffeur… Un certain nombre d’emplois sont déjà progressivement remplacés par des robots. Pour savoir si votre métier a des chances d’être automatisé dans le futur, un site Internet vous renseigne sur l’évolution de 702 professions ainsi que leur croissance d’ici à 2024. Baptisé Will Robots Take My Job, le site a été lancé en juin dernier par deux développeurs qui se sont appuyés sur une étude réalisée par Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne, publiée en 2013 dans le cadre de l’Oxford Martin School, un centre réunissant des chercheurs en sciences sociales. Le site cartonne avec environ 1500 à 2000 visites par jour. «Depuis son lancement, nous avons eu 1,4 million de visites. Et plus de 11 millions de pages vues», souligne Mubashar Iqbal, développeur. Il faut croire que cette problématique interpelle la population. Ces dernières semaines, les professions les plus recherchées sur la plate-forme étaient celles d’enseignant, docteur, avocat, comptable, ingénieur, programmeur, infirmier, chauffeur, pilote, chef cuistot (voir tableaux).

Seconder l’humain

Selon les estimations de Will Robots Take My Job, les réparateurs de montres, les télémarketeurs, les techniciens en bibliothèque et souscripteurs d’assurance ont 99% de chances de voir, à terme, leurs métiers confiés à une intelligence artificielle. En revanche, les travailleurs sociaux en santé mentale et en toxicomanie, les diététiciens, les nutritionnistes ou encore les chorégraphes sont à l’abri de la robotisation avec un pourcentage inférieur à 1%.

Ces prévisions sont tout de même à prendre avec des pincettes. Fondées sur les données actuelles, elles peuvent être chamboulées à tout moment, ont fait remarquer les chercheurs. «Il suffirait par exemple qu’il y ait une percée technologique dans un domaine ou un changement de loi, avec l’introduction d’une nouvelle taxe sur les robots, pour tout remettre en question», relève Francesco Mondada, professeur en robotique à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). «Il y a quelques années, on prédisait que les travaux «stupides» allaient être automatisés, mais nous nous sommes rendu compte que certaines tâches, comme le repassage par exemple, restaient encore trop complexes pour un robot», ajoute-t-il. À l’inverse, une partie du travail de l’avocat ou du trader est aujourd’hui automatisée, ce qui paraissait inimaginable à l’époque.

Pour Boi Faltings, professeur au Laboratoire d’intelligence artificielle de l’EPFL, ces prévisions sont trop optimistes quant aux capacités de l’IA qui, dans beaucoup de domaines, ne sont pas encore à la hauteur. Il estime aussi que, dans la plupart des cas, le travailleur ne sera pas remplacé par le robot mais plutôt secondé. «Le robot s’occupera d’une partie du travail afin de rendre l’humain plus efficace. Si c’est le cas, l’impact sur l’emploi dans ces professions sera positif», remarque-t-il. Francesco Mondada considère que la Suisse détient passablement d’entreprises qui génèrent des emplois dans la robotisation. Un point positif pour le marché. «Les jeunes devraient se former dans les métiers les moins «robotisables», même si nous ne pouvons pas faire des prévisions avec un tel niveau de détail», conclut Boi Faltings.

Créé: 06.04.2018, 09h20

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