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Eectricité Alpiq a perdu 902 millions de francs en 2014

La Holding Alpig, numéro un suisse de l'électricité basée à Lausanne, a rechuté l'an passé. Elle a essuyé une perte nette de 902 millions de francs.

Image: ARCHIVES/Keystone

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Toujours sous le coup des mutations du secteur électrique en Europe, Alpiq a rechuté l'an passé. Sous le coup de correctifs de valeur et de provisions pour plus d'un milliard de francs, le numéro un suisse de l'électricité, qui poursuit sa transformation, a essuyé une perte nette de 902 millions de francs.

Annoncé en janvier et concernant pour l'essentiel le secteur de l'énergie hydraulique en Suisse, les correctifs de valeur et les provisions se sont montés au total à 1,047 milliards de francs, ont rappelé lundi à Zurich les responsables d'Alpiq. En 2013, l'entreprise avait renoué avec les profits avec un petit bénéfice net de 18 millions, après une perte nette de 1,1 milliard l'année précédente.

Alors que le chiffre d'affaires s'est pour sa part inscrit à 8,06 milliards de francs, 14% de moins qu'un an auparavant, le résultat d'exploitation avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (EBITDA) a chuté en un an de 789 à 312 millions. La performance s'est cependant révélée meilleure qu'attendue, a commenté la directrice générale d'Alpiq, Jasmin Staiblin.

Avant exceptionnels, le bénéfice net a atteint 145 millions de francs, contre 274 millions en 2013. La performance du groupe a toutefois douché les attentes des analystes, lesquels, interrogés par l'agence awp, tablaient notamment sur un EBITDA de 530 millions et un chiffre d'affaires de 18,5 milliards.

Baisse des prix durable

La baisse du résultat reflète pour l'essentiel l'effondrement des prix de gros qui s'est poursuivi l'an passé, dans un contexte de capacités de production excédentaires en Europe. Le phénomène a tout particulièrement pesé sur le secteur de l'énergie hydraulique, pour lequel les taxes, les redevances hydrauliques et les impôts pas moins de 40% des coûts de production.

Sous l'effet notamment de subventions élevées, en particulier en Allemagne, pour les nouvelles énergies renouvelables, qui soutiennent artificiellement le développement du parc éolien et photovoltaïque, le prix ont atteint un plancher historique, a expliqué Mme Staiblin. La baisse illustre aussi le faible niveau des prix des énergies primaires (pétrole, gaz et charbon) et du CO2.

Au-delà d'un exercice exigeant, Mme Staiblin a aussi relevé les effets positifs du processus de transformation du groupe lancé fin 2013. Dans le cadre de son programme visant une réduction des coûts de 100 millions de francs jusqu'à fin 2015, Alpiq est déjà parvenu à économiser 65 millions l'an passé.

Alpiq a également prolongé et optimisé le profil d«échéance de ses dettes financières. L'endettement net s'est par ailleurs réduit, passant d'une année sur l'autre de 2,1 à 1,9 milliard de francs.

Expansion ciblée

Toujours dans le cadre du renforcement de son bilan, Alpiq a entamé le processus de vente de ses parts Swissgrid. Après avoir mené à bien la cession d'une première tranche pour 75 millions de francs, le groupe s«attend à finaliser ces prochains jours une 2e tranche à hauteur de 288 millions.

Cet argent servira prioritairement à réduire la dette. Une partie sera destinée à exploiter de nouvelles opportunités dans le secteur des techniques du bâtiment ainsi que dans les transports et la mobilité électrique.

Dans le cadre de cette stratégie, Alpiq a annoncé lundi la fondation de la Swiss Decommissioning, unité spécialisée dans la post-exploitation et le démantèlement de centrales nucléaires ainsi que dans la radioprotection et la décontamination en Suisse. Les compétences et l'expérience en la matière s'appuient sur le savoir-faire de la filiale allemande Kraftanlagen Heidelberg.

Le conseil d'administration propose de ne pas modifier le dividende, qui reste fixé à 2 francs par action. Afin de renforcer les fonds propres et la souplesse financière du groupe, il soumet à la prochaine assemblée générale un dividende avec droit d'option, qui donne aux actionnaires le choix entre un dividende en espèces et la souscription de nouvelles actions.

Prudence de mise

Pour l'exercice en cours, le groupe fait preuve d'une grande retenue. Le bas niveau des prix de gros devrait ainsi encore grever le résultat opérationnel, tout comme l'augmentation des redevances, et particulièrement celles pour les installations hydrauliques.

L'impact de la décision de la Banque nationale suisse (BNS) d'abandonner le cours plancher de l'euro sera évalué dans le cadre du bouclement semestriel 2015. Le chef des finances sortant, Patrick Mariller, a cependant précisé que «les transactions prévues pour 2015 et 2016 sont totalement couvertes» contre les risques de change. (ats/nxp)

Créé: 09.03.2015, 15h08

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