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Entreprise Kodak est passé de la gloire à la chute

La marque emblématique se place sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites américaine. Le tournant crucial d’une riche histoire qui se confond avec celle de la photo.

Kodak n'a plus enregistré de profit depuis 2008.

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Kodak combat pour sa survie

Kodak combat pour sa survie Symbole du capitalisme américain, Kodak a créé le marché amateur en photo. Clic clac…

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Depuis 1880, date de sa création, à 1980, début de son déclin, Kodak a dominé le monde de la photographie. «C’est le créateur du marché amateur», explique Radu Stern.

Pour cet historien du Musée de l’Elysée à Lausanne, pas de doute, Eastman Kodak est l'entreprise emblématique dans le domaine. «L’histoire du siècle de la photo se confond avec celle de Kodak», estime Radu Stern, qui a beaucoup travaillé avec Kodak et les utilisateurs de la marque.

Avant même sa création, son fondateur George Eastman brevète le film photo, qu’il améliore avec Thomas Edison. En 1900, il créé un appareil de photo très simple d’usage. Ce tremblement de terre relègue les professionnels de la photo au rang de clientèle secondaire.

Le ratage du numérique

Dans les années 30, Kodak invente le film couleur. Dans les années soixante, avec son procédé Kodachrome, l’entreprise maîtrise plus de 80% des parts de marché. Tellement même que les autorités américaines s’alertent de sa situation monopolistique, rappelle Radu Stern.

Mais les groupes japonais commencent ensuite à lui tailler des croupières et grignotent ses parts de marchés avec leurs films bons marchés. Et plus tard, le numérique sera l’erreur fatale de son management. «Une erreur incroyable, un cas d’école qui sera étudié dans les écoles de marketing», juge l’historien.

Pour nombre d’observateurs, Kodak est un des créateurs du numérique dans la photo. Et de l’appareil numérique en particulier, au milieu des années septante. Mais, installé sur les recettes tirées de la vente de films, le management de Kodak semble n’y avoir pas cru.

Contre leur intérêt

«Le numérique allait à l’encontre de leur intérêt. Mais Kodak avait tout pour réussir», juge Radu Stern. Ailleurs, dans le domaine de l’impression, la firme de Rochester a bien tenté de relever le gant, mais sans le succès attendu.

Protégé de ses créanciers au Etats-Unis, assis sur un portefeuille de plus de mille brevets, Kodak va-t-il survivre? «Tout est possible mais la bataille est rude, estime Radu Stern. Face à Hewlett Packard, Nikon, Sony et d’autres dans le numérique, s’imposer serait un exploit extraordinaire.»

Créé: 19.01.2012, 16h23

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