Lundi 16 septembre 2019 | Dernière mise à jour 18:59

Automobile Avec Rolls-Royce, le luxe se lance dans le SUV

Porsche a initié le mouvement en 2003. Dix ans plus tard, d'autres marques automobiles de luxe envisagent de lancer des 4x4 haut-de-gamme: Rolls-Royce vient de rejoindre Bentley, Lamborghini et Maserati.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

En dix ans de commercialisation, Porsche a vendu plus de 200'000 exemplaires de son Cayenne (trois versions différentes). Et avec un modèle de prix qui a de quoi faire pâlir la concurrence: 8000 euros (10'000 francs) en moyenne de bénéfice par véhicule vendu. Soit 1,6 milliard d'euros (2 milliards de francs) de bénéfice sur un seul et unique modèle.

Si les réactions ont été mitigées au lancement, avec des observateurs qui criaient au crime de lèse-majesté, dix ans de succès pour le Porsche Cayenne ont fait taire (presque) toutes les critiques. A tel point que ce succès a mis en appétit d'autres marques de luxe. Ainsi, cet été, c'est Bentley qui a annoncé le lancement prochain d'un SUV, suivi quelques semaines plus tard par Maserati. Lamborghini avait pour sa part dévoilé dès 2012 son concept Urus sur le salon de Pékin, et Jaguar avait fait de même avec son CX-17.

Au tour de Rolls-Royce

Dès lors, rares sont encore les marques automobiles de luxe qui résistent à la mode du 4x4 de luxe. Parmi les derniers bastions, quelques constructeurs de sportives (Aston-Martin, Bugatti), des ateliers confidentiels (Lykan, Pagani, Koenigsegg, Zenvo) et deux légendes des limousines de luxe: Maybach et Rolls-Royce.

Dans les mois à venir, ces derniers résistants pourraient perdre une unité et pas des moindres: «J'ai demandé à nos concepteurs de coucher sur le papier des idées et d'imaginer à quoi une Rolls-Royce ressemblerait dans ce segment», a annoncé mardi 8 octobre Torsten Müller-Ötvös, directeur général de Rolls-Royce.

Une réflexion, pas encore de décision

Face au risque d'abimer l'image de marque de l'entreprise, le directeur général a immédiatement ajouté qu'il ne s'agissait à l'heure actuelle «que d'une réflexion», que celle-ci était lancée pour un modèle «sans pour autant perdre notre âme», et que le constructeur de légende n'entendait «pas devenir une marque de luxe de masse».

Une prudence dans les termes qui s'accompagne de formules tout aussi mesurées: «Aucune décision n'a encore été prise et nous ne nous précipitons pas. Nous n'avons en fait pas besoin de pénétrer ce segment. Cela n'a du sens que si Rolls-Royce peut y être crédible», ajoute Torsten Müller-Ötvös.

Le volume des ventes, clef du luxe

Et d'ajouter, pour rassurer son actuelle clientèle que «Rolls-Royce n'est pas une marque de voitures de sports. Rolls-Royce n'est pas une marque de voitures utilitaires, ce n'est pas dans les gènes de la marque».

Actuellement, le Rolls Royce GRP (propriété de BMW depuis 1998) commercialise cinq modèles: trois déclinaisons de la Phantom (Phantom, Phantom Drophead Coupé et Phantom Coupé), la Ghost et, depuis cet été, la Wraith. Au total, ce sont moins de 4000 voitures qui sont vendues chaque année (3575 en 2012, nouveau record). Et Torsten Müller-Ötvös ne souhaite pas augmenter démesurément ce chiffre: «Je pense que l'exclusivité est vraiment reliée au volume... Nous ne cherchons pas à atteindre les 10'000 ou 15'000».

Si le projet voyait le jour, les rues des villes ne seraient donc pas envahies par ce nouveau SUV. Mais la stratégie marketing de Rolls-Royce appliquée au SUV pourrait porter ses fruits même avec un nombre restreint de véhicules commercialisés. De là à imaginer la reine Elisabeth renoncer à son vieux Land Rover (qu'elle conduit encore elle-même) pour prendre le volant d'un SUV de la même marque que ses limousines?

Créé: 09.10.2013, 11h37

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.