Lundi 30 mars 2020 | Dernière mise à jour 15:11

Christoph Tonini «Tamedia veut maintenir la diversité de la presse»

Economies musclées, titres menacés, protestation des rédacteurs en chef, débrayage des rédactions, vives réactions politiques: la semaine a été dure pour Tamedia. Le directeur Christoph Tonini répond aux critiques.

Le directeur de Tamedia Christoph Tonini (gauche), photographié ici en janvier dernier à Zurich aux côtés du président du conseil d'administration Pietro Supino.

Le directeur de Tamedia Christoph Tonini (gauche), photographié ici en janvier dernier à Zurich aux côtés du président du conseil d'administration Pietro Supino. Image: Keystone

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Tamedia veut économiser 34 millions de francs sur les trois prochaines années, dont 17,8 pour la seule Suisse romande. Objectif: garantir une bonne rentabilité du groupe, qui édite notamment Le Matin, sur un marché de la presse en plein bouleversement. L'annonce de ce projet a fait un tollé non seulement dans le monde médiatique, mais aussi parmi les politiques. Aujourd'hui à Lausanne, des représentants du conseil d'administration et de la direction ont successivement rencontré les rédacteurs en chef romands et une délégation des Conseil d'Etat vaudois et genevois. Le directeur Christoph Tonini était présent; il répond aux critiques.

Le Matin – Comment s’est passé votre entretien avec les gouvernements? Pourquoi allez-vous vous revoir?
Christoph Tonini – C'était un échange, franc, ouvert et constructif. Nous avons expliqué nos positions respectives. Comme je l'ai également dit cet après-midi aux rédacteurs en chef, j'ai regretté le ratage de notre communication qui a généré une grande incompréhension et une forte émotion en Suisse romande. Nous avons décidé de nous retrouver le 16 avril pour poursuivre nos échanges.

La crise a débuté lundi dernier; trois jours après vous êtes à Lausanne. L'ampleur de la réaction vous a-t-elle surpris?
Oui. J'ai surtout ressenti une vraie angoisse même si dans les faits aucune mesure concrète n'a été décidée à ce jour. Dans notre branche, qui subit de très fortes pressions depuis plusieurs années, il est de ma responsabilité d'anticiper et de préparer l'avenir. C'est la bonne santé de notre activité et de nos titres qui est ma priorité. Dans ce contexte la recherche d'économies et de nouvelles sources de revenus s'impose.

Mais ces 15% de rentabilité que vous avancez comme explication ne sont-ils pas arbitraires et excessifs, dans un secteur en difficulté?
Nous avons atteint une telle marge ces dernières années. Et cela nous a permis de réinvestir dans la presse, dans ses infrastructures et d'effectuer de nouvelles acquisitions dans le digital comme Jobs.ch. Une bonne marge permet de garantir le succès à long terme de nos titres.

Faut-il comprendre que vous maintenez l’objectif de 17,8 millions d'économies pour la Suisse romande?
C'est en particulier sur ce point que notre communication a été défaillante. Tout d'abord, il ne s'agit pas de ne rechercher que des économies mais également de trouver de nouvelles sources de revenus. C'est un but ambitieux que nous allons nous efforcer d'atteindre. Il est clair que chaque mesure qui sera proposée – et il y en aura beaucoup – sera analysée très attentivement et validée que si elle s'avère pertinente pour l'ensemble du bon fonctionnement du groupe, et en particulier des titres.

Mais peut-on encore réduire les coûts et maintenir la qualité?
Toute mesure que l'on jugera intelligente ne devra justement pas avoir d'impact sur la qualité et le contenu. Par le passé nous avons pu constater à plusieurs reprises qu'il n'y a pas forcément de lien entre la qualité et les montants dépensés.

La qualité c'est aussi la diversité. Est-il vrai que vous voulez vous débarrasser du Matin?
Non, au contraire! Nous sommes attachés à trouver des solutions qui permettent d'améliorer sa rentabilité et de lui assurer un avenir. Mon objectif est de maintenir la plus grande diversité possible de la presse et améliorer l'offre à nos lecteurs.

C'est votre stratégie en Suisse romande? On vous a beaucoup reproché de ne pas en avoir.
Il n'y a pas de stratégie spécifique à la Suisse romande ou alémanique. Pour nos titres régionaux payants, comme la Tribune de Genève et 24heures, nous travaillons actuellement à mettre en place une offre payante digitale, adaptée à l'identité de chaque marque.

Dans les rédactions, les journalistes se sont montrés très inquiets; que voulez-vous leur dire?
Aucune mesure n'a été décidée à ce jour! Dans une démarche de recherche d'économies et de nouvelles sources de revenus, l'expérience a démontré que les meilleures propositions viennent des équipes, pas forcément de la direction. Nous devons donc mettre nos intelligences et forces de travail en commun au service de la diversité, et anticiper l'évolution du marché pour ne pas avoir à prendre des mesures trop sévères et abruptes au dernier moment. Nous devons absolument maintenir une position forte pour garantir la santé de nos titres. Nous pourrons également offrir nos services dans différents domaines à des tiers.

Créé: 28.03.2013, 22h56

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