Jeudi 21 novembre 2019 | Dernière mise à jour 22:21

France Française des Jeux: les actions en vente jeudi

Plus de la moitié du capital de la Française des Jeux s'ouvre jeudi aux investisseurs, de quoi procurer de nouvelles recettes à l'État français.

Image d'illustration.

Image d'illustration. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Petits porteurs comme grands investisseurs peuvent souscrire à partir de jeudi des actions de la Française des Jeux, dont quelque 52% du capital est mis sur le marché par l'Etat qui pourrait tirer de l'opération jusqu'à 2 milliards d'euros (2,20 milliards de francs suisses).

16,50 à 19,90 euros (18,11 à 21,84 francs suisses) par action, avec un ticket d'entrée minimum de 200 euros: c'est le tarif annoncé mercredi soir par le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, dans un entretien publié sur le site du «Parisien».

Sur la base de 191 millions d'actions FdJ au total, la fourchette de prix annoncée octroie à l'entreprise une valeur totale de 3,15 à 3,80 milliards d'euros (3,46 à 4,17 milliards de francs), et permettrait à l'Etat d'encaisser entre 1,6 et 2 milliards d'euros (1,76 et 2,20 milliards de francs) environ, selon des calculs de l'AFP. Avec cette somme, l'Etat entend abonder le fonds pour l'innovation et l'industrie.

Fourchette indicative

La fourchette annoncée est indicative: le prix définitif de l'action sera fixé en fonction de la demande, à la fin de la période de souscription qui court jusqu'au 19 novembre à 20H00 pour les particuliers, pour une première cotation de l'action à la Bourse de Paris prévue le 21 novembre. La Française des Jeux prévient toutefois sur son site internet que «la fourchette indicative pourrait éventuellement être ajustée et le prix définitif fixé en dehors de la fourchette annoncée. Dans ce cas, la période d'offre pourrait être modifiée».

Héritière de la loterie nationale créée en 1933, la FdJ est une des rares entreprises publiques françaises en bonne santé financière. Son nom est aussi très familier pour les Français, qui ont encore misé l'an dernier près de 16 milliards d'euros (17,6 milliards de francs) dans ses jeux d'argent et de hasard.

Mais ces atouts ne garantissent pas de façon automatique le «succès populaire» souhaité par le gouvernement: les petits porteurs ont en effet été mis à mal par la crise de 2008, et ils gardent en tête les exemples des entrées en Bourse d'EDF (2005) et France Télécom (1997), dont les cours sont aujourd'hui en-dessous de leur niveau d'introduction.

La privatisation de la Française des Jeux sera donc un test grandeur nature pour le gouvernement, d'autant que c'est la première fois depuis 2005 que le grand public est associé à une telle opération initiée par l'Etat.

Avantages pour le grand public

«Sur cette cession, nous sommes prêts à en réserver jusqu'à un tiers aux particuliers», a précisé mercredi le ministre de l'Economie. Pour les convaincre d'investir, plusieurs avantages sont en outre réservés aux petits épargnants: une décote de 2% est ainsi prévue sur les titres qu'ils achèteront, et ils se verront également attribuer une action gratuite pour dix achetées s'ils les conservent pendant 18 mois. «Les actions gratuites sont toutefois plafonnées à 5000 euros (5488 francs suisses) d'actions achetées», a prévenu Bruno Le Maire.

D'un point de vue pratique, pour acquérir des titres Française des Jeux, les particuliers doivent s'adresser à un intermédiaire financier (banque, courtier, socité de bourse). Même après la privatisation, l'Etat continuera d'empocher les quelque 3,5 milliards d'euros (3,84 milliards de francs) de recettes fiscales et sociales versées chaque année par la FdJ. Il recevra également 380 millions d'euros (417 millions de francs) de l'entreprise en échange du monopole pour exploiter pendant 25 ans jeux de loterie et paris sportifs dans son réseau physique.

La seule rentrée d'argent à laquelle l'Etat renonce est le dividende: il avait touché 87 millions d'euros (95 millions de francs) au titre de l'exercice 2018, une somme qui sera drastiquement réduite avec l'abaissement de 72% à 20% de sa présence au capital de la FdJ. (afp/nxp)

Créé: 07.11.2019, 05h20

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.