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Climat La «honte de voler» va plomber l’aviation, selon UBS

Renoncer à des trajets en avion pour préserver l’environnement pourrait avoir un fort impact en Europe et aux États-Unis.

Airbus et Boeing pourraient «perdre» 100 commandes de petits avions chaque année, selon UBS.

Airbus et Boeing pourraient «perdre» 100 commandes de petits avions chaque année, selon UBS. Image: iStock

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Conceptualisé en Suède, le «flygskam», soit littéralement la «honte de voler» liée à la culpabilité de peser sur l’environnement, peut-il réellement impacter l’aviation mondiale? Oui, répond UBS dans une étude. Et lourdement.

Pour parvenir à ces conclusions, 6000 personnes ont été sondées en mai dernier en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Résultat, résume la BBC, 21% des personnes interrogées ont déclaré avoir réduit le nombre de vols effectués durant l’année écoulée.

Prévisions trop optimistes

UBS rappelle que le nombre de trajets aériens mondiaux a augmenté chaque année de 4 à 5%. Et que les géants de l’aviation Airbus et Boeing prédisent que cette croissance va perdurer jusqu’en 2035.

Or ils se trompent, selon les projections proposées par les spécialistes de la banque. Qui avancent que si les tendances actuelles se confirment et la honte de voler s’installe, cette croissance pourrait être coupée en deux.

Dans le détail, selon ces prévisions d’UBS, l’augmentation du nombre de vols dans l’Union européenne pourrait ne croître ces prochaines années «que» de 1,5%, alors que les avionneurs tablent sur le double. Et de seulement 1,3% aux États-Unis alors que les constructeurs prédisent 2,1%.

Déjà le cas en Suède

Logiquement, ceux qui volent moins pour préserver la planète renoncent d’abord aux vols courts. Un effet qui a déjà été mesuré en Suède, pays du flygskam. Là, le nombre de passagers a baissé de 2,8% lors des sept premiers mois de l’année. Mais cette baisse est de 8,7% dans le trafic intérieur!

UBS estime donc dans ses prévisions que la «honte de voler» pourrait entraîner 110 commandes en moins chaque année de petits avions. Et donc un lourd manque à gagner.

Certains sites spécialisés notent cependant que ces projections ne disent rien des croissances à venir par exemple en Asie ou en Afrique, qui pourraient compenser au moins en partie la honte de voler qui frappe l’Europe et l’Amérique du Nord.

R.M.

Créé: 03.10.2019, 17h19

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