Mardi 26 mars 2019 | Dernière mise à jour 08:43

Télécommunications Huawei et 5G: pression des USA sur l'UE

Washington fait pression sur les Européens pour qu'ils ne s'associent pas au Chinois Huawei pour le déploiement de la 5G.

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Les Etats-Unis ont accentué mercredi la pression sur les Européens, et notamment l'Allemagne, sur le dossier sensible des discussions commerciales en cours avec le groupe de télécoms chinois Huawei pour le déploiement de la 5G.

Le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général américain Curtis Scaparrotti, a prévenu l'Allemagne que les forces de l'Otan cesseraient de communiquer avec leurs collègues allemands si Berlin s'associait avec le groupe chinois, que Washington soupçonne de servir de cheval de Troie à Pékin pour espionner les pays occidentaux.

«Nous craignons que la structure de leurs télécommunications ne soit compromise car, tout particulièrement avec la 5G, la largeur de la bande passante et la capacité à soutirer des données sont incroyables», a déclaré le chef des forces de l'Otan devant une commission parlementaire.

Problème militaire

Si la 5G, la cinquième génération de réseaux mobiles, est «intégrée à leur système de communication militaire, on ne communiquera plus avec eux par le biais de ce système», a-t-il prévenu. «Et pour les militaires, ce serait un problème».

Le général Scaparrotti était questionné par des élus de la commission des forces armées de la Chambre des représentants sur les discussions commerciales en cours en Europe, notamment en Allemagne, avec des groupes de télécoms chinois comme Huawei et ZTE.

Huawei est considéré plus performant et plus innovant que ses concurrents sur la technologie 5G, mais ses équipements sont soupçonnés de pouvoir permettre au renseignement chinois d'espionner les communications des pays qui les utiliseraient. Les lois chinoises obligent en effet les groupes dont le siège social est en Chine à apporter une aide technique aux services de renseignement.

Les Etats-Unis ont exclu Huawei du déploiement sur le sol américain de la 5G et interdit aux administrations l'achat de ses produits et services. Ils tentent de convaincre leurs alliés occidentaux d'en faire de même.

«Menace»

Questionnée par la même commission mercredi, la responsable des Affaires internationales au Pentagone, Kathryn Wheelbarger, a souligné que Huawei représentait une «menace» pour toute l'Europe.

«Je peux vous assurer que dans toutes nos conversations avec tous nos partenaires européens, nous faisons bien comprendre la menace que représentent les investissements chinois et le développement d'une infrastructure de télécommunications chinoise en Europe», a-t-elle répondu. Ces inquiétudes concernent «la sécurité de nos communications privées ainsi que militaires», a-t-elle ajouté.

Les deux responsables du Pentagone ont refusé de donner plus de détails sur leurs inquiétudes en séance publique, précisant aux élus qu'ils évoqueraient le sujet en profondeur lors d'une séance à huis-clos qui était prévue dans la foulée.

Merkel a promis de «discuter» avec Washington

Le «Wall Street Journal» a révélé lundi que l'ambassadeur américain à Berlin Richard Grenell, un proche du président Donald Trump, avait adressé une lettre au ministre allemand de l'Economie Peter Altmaier pour lui signifier que la coopération en matière de renseignement allait être revue si Berlin ne bannissait pas les entreprises chinoises comme Huawei dans le domaine de la 5G.

L'Allemagne doit lancer mi-mars les enchères pour l'attribution des futures infrastructures 5G de télécommunication mobile et la chancelière Angela Merkel a promis de «discuter» avec Washington avant de faire son choix, éventuellement pour Huawei.

«Nous accordons une grande importance à la sécurité dans la construction du réseau 5G, c'est pourquoi nous sommes en train de définir nos propres normes et, bien entendu, nous en discuterons avec nos partenaires, tant en Europe qu'aux Etats-Unis», a déclaré la chancelière mardi.

Interrogée sur les «normes de sécurité» que les Européens pourraient adopter pour se protéger d'un éventuel espionnage chinois, Mme Wheelbarger a estimé qu'il n'existait pas de parade. «Compte tenu du changement de génération entre la 4G et la 5G, je n'ai pas connaissance de quelque chose qui pourrait nous accorder la sécurité nécessaire pour contrer les risques», a-t-elle dit. (afp/nxp)

Créé: 13.03.2019, 23h43

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