Lundi 21 octobre 2019 | Dernière mise à jour 22:05

Munich Huawei dévoile ses mobiles en plein ouragan Donald

Mis sur liste noire par les Etats-Unis, le fabricant chinois a présenté jeudi sa série Mate 30, ses premiers smartphones «zéro Google». Chronique d'une étrange journée.

Prise en main éclair du Huawei Mate 30. Ici un modèle destiné au marché chinois.

Prise en main éclair du Huawei Mate 30. Ici un modèle destiné au marché chinois. Image: DR

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Le printemps dernier, Huawei présentait fièrement à Paris ce qui était son dernier navire amiral en date, le smarpthone P30 et le P30 Pro dotés de saisissantes capacités photographiques. Lancement réussi, ne serait-ce que sur le plan médiatique. Dès lors, le fabricant chinois voyait déjà un peu plus son rêve à portée de main: ravir au coréen Samsung la première place sur le podium mondial des terminaux dits intelligents.

Le jeudi 19 septembre 2019, à Munich, donc quelques mois à peine après son exploit printanier, Huawei a présenté aux médias européens et à ses partenaires le Mate 30 et le Mate 30 Pro, les grands frères des précédemment cités.

La musique a changé

L'air est toujours le même mais la musique a changé. Car entre ces deux dates, l'ouragan Donald s'est abattu sur l'ambitieux manufacturier chinois: pris directement pour cible par les Etats-Unis sur fond de bras de fer commercial avec la Chine, Huawei a été inscrit en mai par Washington sur une liste noire. Les sociétés américaines de services et de composants ont désormais interdiction de commercer avec la firme, accusée par le président Trump de velléités d'espionnage.

Designé comme ennemi du peuple américain par l'homme qui tweete plus vite que son ombre, Huawei a donc vu sa licence Android révoquée. Une révocation qui pourrait prendre effet dans les mois à venir (un sursis de 90 jours a été accordé dernièrement) pour les modèles existants mais qui a un impact immédiat sur les nouveaux modèles, les Mate 30, donc. Révoqué donc le système d'exploitation qui équipe la majorité des smartphones actuels à l'exception des iPhone (iOS). Révoqués encore les applications Google telles que YouTube, Google Maps ou encore le magasin d'applications Play Store.

Pièce en deux actes

Ces circonstances particulières ont ainsi débouché, jeudi à Munich, sur une étrange pièce en deux actes. En fin de matinée, les médias on d'abord été convié à un long préambule quasi allégorique dont le message a l'avantage de pouvoir être rapidement résumé par l'expression «Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort».

Quand au grand show, de presque deux heures, orchestré comme à son habitude par Richard Yu, PDG de la division «Consumer Business», il a été quasi intégralement consacré à vanter les mérites esthétiques et les spécificités techniques (sur le papier méchamment impressionnantes) des deux nouveaux smartphones haut de gamme du chinois; comme si de rien n'était. Et s'il y eut allusions aux conséquences du bannissement nord-américain, elles étaient si subtiles qu'elles nous ont complètement échappées.

Quelques images de la présentation orchestrée par Richard Yu à Munich.

C'est donc en coulisses que nous avons eu la confirmation que les Mate 30 étaient motorisés par une version open source d'Android (Android Open Source Project ou AOSP), que Huawei envisageait et encourageait pour les marchés européens des alternatives aux applications nord-américaines interdites de séjour et que la sortie des smartphones était à ce stade maintenue sur le Vieux Continent (Suisse comprise) avant la fin de l'année. Mais les dates de lancement n'en restent pas moins fort vagues et surtout ne semblent pas être gravées dans le marbre. Ce qui permet à certains sites spécialisés d'affirmer que les Mate 30 ne sortiront pas. En France, par exemple.

Prise en main rapide du Mate 30.

Quand à la prise en main que nous avons pu pratiquer juste après la présentation, cette dernière était trop chaotique et trop brève pour nous permettre d'ébaucher une réponse à la question «il y a-t-il une vie sans Google (et ses amis) sur un clone de smartphone Android».

Harmony

Huawei avait suggéré cet été que se dégager d'Android était une possibilité envisagée en dévoilant Harmony OS, un système d'exploitation maison plus particulièrement adapté à l'internet des objets. Encore en gestation, il n'est pas certain à ce stade qu'il puisse satisfaire tout ce qui est attendu actuellement d'un smartphone.

D'où cet étrange journée qui a révélé que Huawei ne lâche pas l'affaire mais que de nombreux boulons (trop?) restaient encore à serrer.

Jean-Charles Canet

Créé: 20.09.2019, 12h19

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