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La Chaux-de-Fonds Il invente la machine à coller sans colle

Un ingénieur a mis au point un appareil qui permet de lier le verre à d’autres matériaux, mais sans glu. Une révolution dans de nombreux domaines, dont celui de la santé.

L’ICB (Impulse Current Bonding) lie les matières grâce à des impulsions électromagnétiques.

L’ICB (Impulse Current Bonding) lie les matières grâce à des impulsions électromagnétiques. Image: DR

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Il existe des inventions qui, l’air de rien, améliorent considérablement la vie quotidienne. Pas directement, mais par leur utilisation dans de nombreuses applications, permettant ainsi de renforcer la solidité ou la sécurité de nombreux objets.

C’est le cas de la nouvelle technologie d’assemblage de Sébastien Brun, ingénieur et fondateur de la start-up neuchâteloise SYandSE, qui a reçu il y a quelques mois le Prix BCN Innovation, permettant de lier le verre à des métaux ou à de la céramique, à basse température, sans utiliser une seule goutte de colle.

À première vue, pas de quoi bouleverser le quotidien, vous me direz. Et pourtant si: rendre les smartphones étanches à l’eau, augmenter la durée de vie des montres, freiner la prolifération des bactéries dans les hôpitaux seraient des innovations rendues possibles grâce à cette nouvelle machine.

Lien sans corps étranger

«Actuellement nous avons recours au collage pour lier le verre aux métaux, mais cette méthode fragilise l’assemblage et détériore l’étanchéité des systèmes.» Dans la machine brevetée de Sébastien Brun baptisée l’ICB (Impulse Current Bonding), les matières sont liées grâce à des impulsions électromagnétiques, donc sans ajout de corps étranger. «On évite ainsi les phénomènes de corrosion et on améliore la robustesse de l’assemblage, son étanchéité et sa durabilité», détaille-il.

Pour développer cette machine, Sébastien Brun et son équipe se sont appuyés sur une technique développée aux États-Unis durant la fin des années 1960, tout en réussissant à descendre la température d’assemblage à moins de 180 °C, afin de préserver l’intégrité des matériaux.

«Notre objectif maintenant est de descendre la température au plus bas, à la température ambiante. La technologie a deux années seulement, elle a encore tout un potentiel de développement», souligne l’inventeur.

Cette innovation trouvera des champs d’applications dans de nombreux domaines, puisqu’elle pourra être utilisée partout où l’on assemble verre et métaux ou verre et céramique: le médical et le biomédical, les télécoms, l’optique, l’architecture, l’industrie, le traitement de l’eau, le bâtiment, l’aérospatial pour n’en citer que quelques-uns. Dans le domaine médical, Sébastien Brun prévoit même de faire reculer la prolifération des bactéries dans les hôpitaux. «Beaucoup d’instruments chirurgicaux sont assemblés par collage, comme l’endoscope (ndlr: instrument qui sert à examiner les cavités du corps en les éclairant) par exemple. Ceux-ci se dégradent naturellement avec le temps et dramatiquement sous les cycles de nettoyage, de stérilisation et de désinfection.»

Il explique que l’accroissement de la résistance bactérienne implique une exigence accrue dans les domaines de la stérilisation et de la désinfection. Ce qui engendre une détérioration souvent rapide des matériaux et une prolifération de bactéries et autres agents pathogènes. «L’assemblage par notre nouvelle technologie enlève tous risques de développement d’agents infectieux puisqu’elle n’utilise pas de colle», relève-t-il.

Dans les activités de l’horlogerie, lier des métaux ou des céramiques aux verres, comme le verre au boîtier est une opération courante. L’ICB permettra de produire des assemblages plus résistants et plus étanches. «Les coûts d’assemblages avec l’ICB seront similaires à ceux du collage», confie l’ingénieur. Et pour la suite? La start-up de Sébastien Brun prépare actuellement une levée de fonds pour produire des machines à l’échelle industrielle.

Créé: 16.06.2018, 14h30

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