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Assurance maladie Les frontaliers, une clientèle attractive pour les caisses suisses

Les caisses maladie suisses accueillent les frontaliers à bras ouverts. Ces nouveaux clients jeunes et en bonne santé représentent un «segment convoité».

La moitié des frontaliers viennent de France.

La moitié des frontaliers viennent de France. Image: (photo d'illustration)/Keystone

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Chaque jour, quelque 290'000 frontaliers viennent travailler en Suisse. S'ils animent l'actualité politique ou les discussions de café du commerce en tant que boucs émissaires pour les bouchons et le dumping salarial, les caisses maladie, elles, les accueillent à bras ouverts.

Ainsi, lors de la conférence de presse de bilan début février, le patron de Helsana Daniel Schmutz a désigné les frontaliers comme un «segment convoité». Il s'agit de nouveaux clients avec famille ayant généralement un bon revenu et désireux d'acquérir des assurances complémentaires. Ils sont en outre relativement jeunes et généralement en bonne santé.

En 2014, Helsana a enregistré dans ce secteur une croissance de 47% à 27'000 clients frontaliers. Elle est la caisse maladie avec le plus grand nombre d'assurés de ce type. Selon l'Office fédéral de la statistique, la Suisse compte 290'000 frontaliers mais seulement 31'000 y sont assurés contre la maladie.

La plupart d'entre eux font en effet usage du droit d'option leur permettant de se libérer de l'obligation de contracter une assurance maladie en Suisse s'ils peuvent prouver qu'ils disposent d'une telle couverture dans leur pays de résidence.

Primes élevées

Le prix est sans doute une des raisons pour lesquelles seul un frontalier sur neuf se décide pour une assurance suisse. Les primes dépendent du pays de provenance, et selon l'Office fédéral de la santé publique, elles se situent pour un frontalier allemand entre 278 et 818 francs.

En raison du faible nombre d'assurés de ce type dans chaque caisse, il suffit de quelques cas coûteux pour pousser à la hausse les primes de l'ensemble des assurés au tarif frontalier, a expliqué un porte-parole de la CSS.

Chez Sanitas également, on décrit les primes en Suisse comme «plutôt élevées» comparativement à l'Union européenne. En outre, la franchise est fixée au minimum, soit 300 francs, et les alternatives comme les modèles avec médecin de famille ou télémédecine ne sont pas disponibles.

Il existe cependant des possibilités pour les frontaliers d'abaisser leurs frais de santé. Car outre l'accès aux médecins suisses, un contrat avec une assurance helvétique leur permet de consulter dans leur pays de résidence. Et comme l'Allemagne par exemple ne connaît pas de franchise, aucune quote-part n'est facturée au patient.

Changement de loi en France

Une modification de loi en France, d'où provient plus de la moitié des frontaliers, pourrait apporter de nouveaux clients aux caisses suisses. Depuis juin 2014, le frontalier français n'a plus que le choix entre une assurance suisse ou la Sécurité sociale française.

Il ne lui est plus possible de contracter une assurance maladie privée en France. Désormais seules garantes d'un accès illimité au système de santé suisse, les caisses maladies helvétiques gagnent donc en attractivité.

La pilule a été amère pour les frontaliers déjà actifs en Suisse qui disposaient d'une assurance privée en France. Car comme le droit d'option n'est valable qu'une fois, ils sont dans l'impossibilité de changer en faveur d'une assurance suisse et sont versés bon gré mal gré à la «Sécu».

C'est ce qui avait motivé l'an dernier plusieurs manifestations à différents postes-frontières. Les intéressés ont pu obtenir de cette manière un assouplissement des remboursements pour des traitements effectués en Suisse.

Offres aux entreprises

Swica a également découvert le segment des frontaliers et ouvert l'an dernier un bureau spécialisé à Bâle. Le nombre d'assurés reste pour l'instant bas, selon une porte-parole.

Mais ils fonctionnent comme moyen d'atteindre d'autres buts. «De grandes entreprises de la région bâloise» en font une condition pour accéder à d'autres types de contrats, comme les assurances d'indemnités journalières en cas de maladie, que peuvent conclure précisément les collaborateurs de ces entreprises chez ladite caisse. (ats/nxp)

Créé: 09.03.2015, 11h31

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