Dimanche 25 août 2019 | Dernière mise à jour 15:51

Les libraires minés par le franc fort

Le secteur du livre traverse des mois difficiles en raison du franc fort et les prix devraient inévitablement baisser.

Payot, le leader de la branche en Suisse romande, a terminé l'exercice 2014 sur une note très positive.

Payot, le leader de la branche en Suisse romande, a terminé l'exercice 2014 sur une note très positive. Image: Archives/photo d'illustration/Keystone

Accord franco-suisse

En réponse au franc fort, le secteur du livre a souhaité donner «un signe au consommateur», selon Françoise Berclaz, présidente de l«Association suisse des diffuseurs, éditeurs et libraires (ASDEL), en diminuant les prix. La baisse est officielle en Suisse romande depuis le 1er mars grâce à un accord entre les différents acteurs de la branche.

Les éditeurs français ont accepté de revoir leur taux de change en faveur des distributeurs suisses, ce qui correspond à une remise plus élevée pour les libraires. Ceux-ci peuvent ainsi proposer des articles moins chers sans être trop mis en péril.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le secteur du livre en Suisse s'en est sorti tant bien que mal en 2014.

L'exercice s'est révélé meilleur pour les librairies romandes qui ont confirmé la reprise constatée un an plus tôt, alors que les ventes reculaient de 4,9% en Suisse alémanique.

«L'année écoulée a été assez bonne, les gens semblaient revenir en magasin», témoigne Chantal Nicolet Schori, responsable de La Méridienne à La Chaux-de-Fonds. A la librairie La Fontaine à Vevey (VD), Véronique Overney confirme que les chiffres de l'an passé reflètent la reprise de 2013. «Mais cela reste très fragile», glisse-t-elle.

Après deux ans de crise, marquée par la force du franc et une baisse des prix, le marché du livre avait renoué avec la croissance en 2013. «Les ventes en 2014 égalent à peu près celles de l'année précédente», observe Françoise Berclaz, présidente de l'Association suisse des diffuseurs, éditeurs et libraires (ASDEL) pour la partie romande, qui ne dispose pas encore de chiffres précis.

Le leader de la branche en Suisse romande, Payot, a terminé l'exercice 2014 sur une note très positive. «Quatre points de vente ont réalisé leur record du nombre de clients en décembre», précise Pascal Vandenberghe, directeur général. L'enseigne semble avoir «gagné des clients», avec une hausse de 2,5% au deuxième semestre.

800'000 livres en moins

En Suisse alémanique, les résultats de l'an dernier sont moins réjouissants. Le secteur a subi une baisse des ventes de 4,9%, soit 800'000 livres de moins. Marianne Sax, à la tête de l'association des libraires et éditeurs alémaniques, explique que le marché outre-Sarine a souffert d'un manque de publications à grand succès comme «Fifty Shades of Grey».

Toutes les librairies n'ont cependant pas été si fortement touchées, à l'instar de LibRomania à Berne. «Le chiffre d'affaires de l'an passé montre une timide amélioration. Le cours stable du franc a rendu la situation très calme», avance Thomas Liechti, propriétaire de l'enseigne.

Orell Füssli Thalia, numéro un du livre en Suisse alémanique, a également connu une évolution plus favorable que l'ensemble du marché, selon Alfredo Schilirò, porte-parole du groupe.

«On ne pourra pas y échapper»

Face à l'envolée du franc, la première librairie alémanique a décidé de faire profiter les consommateurs du bas niveau de l'euro. Les livres achetés après le 15 janvier auprès des fournisseurs allemands voient leur prix diminuer de «15% actuellement», affirme le représentant.

Thomas Liechti a déjà adapté le prix des livres qu'il importe lui-même. Bien que les distributeurs n'aient pas encore officiellement changé les tarifs, le patron de LibRomania sait que cela va se faire. «On n'a pas le choix: si les tarifs baissent, notre chiffre d'affaires se réduit et sans diminution des prix, nous perdons de la clientèle», résume-t-il.

Pour Marianne Sax également, une minoration des prix paraît inévitable. Les livres en Suisse coûtant trop cher par rapport au cours actuel de l'euro, «il est normal que les clients s'attendent à une baisse».

Prix officiellement plus bas

Après le bon résultat de l'an passé, Pascal Vandenberghe s'attend à «autre chose» suite au 15 janvier et la fin du cours plancher de l'euro. Il juge légitime de réduire les prix. Payot propose des montants «entre 5 à 10%» inférieurs sur les articles commandés dès le 1er mars, date de la baisse officielle des prix suite à l'entente entre éditeurs français et partenaires suisses.

Pour les petites enseignes, cette réduction semble d'un côté inévitable pour éviter que les gens n'achètent sur Amazon ou à l'étranger. De l'autre, elle va forcément engendrer une diminution du chiffre d'affaires, car «nous n'allons pas vendre plus», lance Véronique Overney, désabusée.

A La Méridienne, les prix vont aussi baisser selon les tarifs indiqués. Consciente que le chiffre d«affaires ne va pas s'améliorer, Chantal Nicolet Schori ne veut toutefois pas prendre de mesures hâtives telles que baisser le salaire de ses employés ou réduire leur nombre d'heures. L'évolution du cours de l'euro étant difficilement prévisible, le secteur doit composer avec ces incertitudes et prendre son mal en patience. (ats/nxp)

Créé: 13.03.2015, 15h24

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.