Dimanche 15 septembre 2019 | Dernière mise à jour 11:51

Etude Les sacs biodégradables ne le sont pas tant que ça

Une étude anglaise révèle que les sacs que l'on croit meilleurs pour l'environnement sont toujours intacts des années après avoir été jetés.

Un sac biodégradable après 3 ans dans un environnement marin.

Un sac biodégradable après 3 ans dans un environnement marin. Image: DR/Imogen Napper

Des milliards de sacs plastique

D’après l’étude, 98,6 milliards de sacs plas­tique ont été mis sur le marché en 2010 en Europe. Depuis, 100 milliards viennent se rajouter chaque année, contribuant à un désastre écologique sur l'environnement.

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Nombreux sont ceux qui n'hésitent pas à utiliser des sacs en plastique biodégradable, pensant bien faire pour l'environnement. Mais une étude pourrait remettre en question ce choix. En effet, des chercheurs de l’uni­ver­sité de Plymouth au Royaume-Uni se sont penchés sur l'état de dégradation de ces sachets après 3 ans passés dans la nature. Mauvaise surprise: ils ne se sont pas décomposés du tout et sont même encore capables de porter des courses lourdes, révèle le «Guardian» lundi.

L’étude a suivi la décomposition de 4 types de sacs plastiques différents, les biodégradables, les oxo-biodegradables, les compostables et les sacs plastique conventionnels. Les scientifiques les ont exposés à l’air, enfouis dans le sol ou immergés dans l’eau de mer tout en examinant régulièrement leur détérioration. Après trois ans, si certains se décomposaient mieux que d'autres à l'air ou à l'eau, ils étaient tous encore en bon état dans les sols.

«Après trois ans, j'étais vraiement étonnée de voir que n'importe quel sac pouvait encore servir», a confié Imogen Napper, la chercheuse qui a mené l’étude et dont les résultats ont été publiés dans le 28 avril 2019 dans le journal «Environmental Science & Technology». «Quand on voit un sac label­lisé de cette façon, je pense qu’on se dit auto­ma­tique­ment qu’il se dégra­dera plus rapi­de­ment que des sacs conven­tion­nels. » Ce n'est donc pas le cas.

Combat en Suisse contre les sacs oxodégradables

En Suisse, la conseillère nationale vert'libérale Isabelle Chevalley se dit ravie des conclusions de cette étude qui la confortent dans son combat contre les sacs oxo-dégradables. En effet, «ceux-ci sont fabriqués à partir de pétrole et contiennent des sels de cobalt ou de manganèse, donc des produits chimiques, pour qu'ils se brisent en milliers de petits morceaux au contact de la chaleur et de la lumière», explique-t-elle. Ils sont donc tout autant mauvais pour l'environnement que les sacs classiques et finissent en plus dans nos assiettes.

«C'est donc une catastrophe et il faut les interdire à tout prix en Suisse», estime la docteure en chimie qui qui a interpellé le Conseil fédéral à ce sujet. Il faut dire qu'elle sait de quoi elle parle puisqu'elle a elle-même testé la dégradation des ces oxo-plastiques dans son jardin. Après deux ans, elle aussi a constaté qu'ils ne se décomposaient pas dans une vidéo sur YouTube.

Pire: les gens les confondent souvent avec les sacs biodégradables fabriqués à partir d'amidon de patates ou de maïs et les jettent dans le compost, explique-t-elle. Les «bons» sacs sont ceux utilisés pour les composts de jardin et dont la texture est très différente des sacs conventionnels, souligne-t-elle. Mais il semblerait selon les chercheurs anglais que même ceux-ci ne sont pas idéaux. Isabelle Chevalley se dit surprise et va lire attentivement l'étude parue.

Créé: 29.04.2019, 18h35

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