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Tribunal fédéral Les séquestres contre le propriétaire de «L'Agefi» confirmés

Le Tribunal fédéral rejette deux recours d'Alain Duménil et confirme le montant des séquestres qui frappent ses biens à hauteur de 25 millions de francs.

Alain Duménil (capture écran Youtube) conteste avoir soustrait 54 millions de francs au fisc.

Alain Duménil (capture écran Youtube) conteste avoir soustrait 54 millions de francs au fisc. Image: capture écran Youtube

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Le propriétaire de L'Agefi est soupçonné d'avoir soustrait près de 54 millions de francs au fisc.

Déboutés en juin dernier par le Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone, Alain Duménil et quatre de ses sociétés avaient recouru au Tribunal fédéral (TF) pour tenter d'obtenir l'annulation des séquestres. A titre subsidiaire, ils avaient demandé qu'ils ne dépassent pas 5,2 millions de francs.

Le propriétaire de L'Agefi a renoncé à ce stade de l'enquête à contester l'existence de soupçons graves d'infractions fiscales mais soutenait toutefois que le montant des revenus non déclarés devrait s'élever à quelque 45 millions de francs et non pas à 54 millions.

Erreur sans conséquence

«Si les décisions attaquées par Alain Duménil semblent bien contenir une erreur de calcul, dès lors qu'un montant de 9,5 millions a été compté à double, cette inadvertance est sans conséquence», affirme le TF.

Car l'évaluation des montants non déclarés correspond pour l'essentiel à celle retenue par l'Administration fédérale des contributions (AFC). En effet, les décisions en question omettent de mentionner un montant de 8,23 millions en faveur d'un trust dont le recourant est bénéficiaire.

Procédure pénale pas exclue

Pour l'essentiel, le TF juge que le séquestre de 25 millions de francs se justifie au vu du possible retard d'impôts directs fédéral, cantonal et communal, qui pourrait atteindre plus de 20 millions de francs, soit 37% des revenus non déclarés de 54 millions de francs.

«L'enquête spéciale effectuée par l'AFC tend en priorité à établir les revenus qui auraient été soustraits à l'impôt fédéral direct, afin que l'autorité cantonale compétente introduise, le cas échéant, une procédure en soustraction d'impôts. Une procédure pénale n'est pas exclue et l'on ne saurait préjuger à ce stade de l'ensemble des démarches que les autorités cantonales seront appelées à entreprendre», ajoute le TF.

Démenti catégorique

«Alain Duménil perd de vue que les séquestres ont été ordonnés à un stade précoce de la procédure», relèvent encore les juges de Mon Repos. On ne saurait reprocher à l'autorité de faire preuve de prudence et de se livrer à une saisie élargie, dans la mesure notamment où il n'est pas exclu que d'autres revenus non déclarés puissent être découverts ultérieurement.

Au lendemain des révélations faites par L'Hebdo et le Tages-Anzeiger en août 2014 sur ces soupçons de fraude, Alain Duménil avait catégoriquement contesté avoir soustrait 54 millions de francs au fisc. Il relevait qu'«il n'y a pas un centime qui n'aurait pas été déclaré».

Dans un communiqué diffusé mercredi, Alain Duménil dit prendre acte «de la position du TF qui ne conclut en aucune manière à une quelconque culpabilité mais tend uniquement à vouloir offrir des garanties à l'Administration fédérale des contributions sur la base de soupçons».

Il dit maintenir l'intégralité de ses déclarations passées et être «totalement confiant quant à l'issue positive de cette procédure». (ats/nxp)

Créé: 11.03.2015, 17h59

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