Lundi 12 novembre 2018 | Dernière mise à jour 22:35

Négoce Matières premières: Genève veut du blockchain

Le canton lance un projet-pilote pour faciliter l'utilisation de la chaîne de blocs («blockchain») dans le négoce des matières premières.

La Suisse se situe déjà actuellement «dans le top 3» mondial en matière de blockchain.

La Suisse se situe déjà actuellement «dans le top 3» mondial en matière de blockchain. Image: Keystone

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Genève intensifie son partenariat public-privé dans le domaine de la chaîne de blocs («blockchain»). Le canton lance un projet-pilote destiné à faciliter l'utilisation de cette technologie dans le négoce des matières premières, un secteur clé qui lui rapporte plus de 20% des recettes fiscales.

Ce projet s'inscrit dans une longue liste d'initiatives pour faire de Genève un des pôles majeurs au plan mondial de la blockchain, a expliqué à AWP Gianfranco Moi, directeur général adjoint au Département présidentiel du canton. Cette technologie décentralisée de stockage et de transmission des données est appelée à révolutionner la planète au même titre qu'internet, estiment les experts.

Le transport de matières premières est un processus très lourd nécessitant d'ordinaire la circulation et la validation de nombreux documents pour accompagner l'opération. «Notre projet est de faire jouer à l'Etat, dans la blockchain, un rôle dans l'identification et l'authentification des acteurs d'une transaction», a précisé M. Moi. De quoi accélérer toute la chaîne, prévenir la fraude et renforcer la confiance des acteurs.

Coûts en baisse avec la blockchain

Les négociants en matières premières sont très intéressés par ces innovations. Le potentiel d'économies et d'amélioration de la traçabilité de la marchandise est énorme. Aujourd'hui, les frais administratifs représentent environ 20% des coûts du transport maritime. La facture finale pourrait diminuer d'autant avec la blockchain.

Par ricochet, la technologie, en optimisant «les processus tiers», aura un impact énorme dans des domaines comme l'inspection des marchandises (avec la société SGS à Genève) ou l'expédition (DHL), relève Vincent Pignon, conseiller en blockchain à l'Etat de Genève. La réduction des tâches et des acteurs intermédiaires entraînera une redistribution majeure des cartes.

Pour la Suisse, et pour Genève en particulier, il s'agit de se positionner face à la concurrence très forte surtout du côté de Singapour, du Japon ou des Etats-Unis. Globalement, selon Gianfranco Moi, Genève s'attend in fine à ce que la révolution numérique soit plutôt génératrice d'emplois au bout du lac.

Selon M. Pignon, la Suisse se situe déjà actuellement «dans le top 3» mondial en matière de blockchain. Le dynamisme des trois pôles que sont la Crypto Valley à Zoug, le Trust Square à Zurich et la pépinière genevoise chère notamment au conseiller d'Etat Pierre Maudet donne corps à la «cryptonation Switzerland» appelée de ses voeux par le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann.

«Coûts sociaux importants»

Mais attention, prévient le professeur Jean-Henry Morin, spécialiste de la question à l'Université de Genève: «Tout le monde en Suisse est sur la blockchain, mais je ne suis pas sûr que le monde politique ait pris la pleine mesure des enjeux au plan humain. Il est illusoire de penser qu'une transition numérique de cette ampleur se fera sans coûts sociaux importants».

«Il faut s'attendre à des cohortes de chômeurs dans certains secteurs, sachant qu'aujourd'hui, des entreprises emploient parfois à prix d'or des gens juste occupés à mettre des croix dans des cases, une tâche bientôt obsolète. L'anticipation de la reconversion de compétences est au coeur de cette question et relève aussi des politiques publiques», ajoute M. Morin.

Fondateur et patron de Procivis, start-up au coeur du site flambant neuf de Trust Square à la Bahnhofstrasse à Zurich, Daniel Gasteiger relève au contraire que maints politiciens ont bien cerné les enjeux. «La Suisse est toujours très forte pour préserver ses intérêts économiques et financiers.» Le fait par exemple qu'une politicienne comme la conseillère nationale zurichoise Doris Fiala (61 ans) prenne régulièrement ses quartiers au Trust Square et se passionne pour ces processus complexes démontre la prise de conscience.

L'ironie de l'histoire, poursuit le patron de Procivis, est que Zoug ait endossé le rôle de pionnier. «Zoug est un canton a priori très traditionnel, avec ses notaires et ses banques à l'ancienne.»

Si Zoug, mais aussi Schaffhouse avec son modèle d'identité numérique, et Zurich tirent leur épingle du jeu, Genève a aussi les moyens de le faire, grâce notamment à son savoir-faire académique et à la volonté politique clairement manifestée d'appuyer des acteurs clés du secteur (sociétés de négoce, banques...) qui se révèlent par ailleurs essentiels à sa prospérité. (ats/nxp)

Créé: 08.06.2018, 13h23

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