Jeudi 9 avril 2020 | Dernière mise à jour 00:38

Technologie Nouvelle app pour trouver un job: «Les CV vont disparaître»

Une start-up lausannoise veut rompre avec les codes en vigueur dans la recherche d’emploi. L’ère de l’embauche 2.0 est-elle venue?

Christophe Badoux (à g.) et Arnaud Cachin, cofondateurs de Bananeapp, sont ouverts aux propositions d’investisseurs.

Christophe Badoux (à g.) et Arnaud Cachin, cofondateurs de Bananeapp, sont ouverts aux propositions d’investisseurs. Image: Maxime Schmid

L'emploi au bout des doigts

Sur la plate-forme, l’étudiant ou le jeune diplômé «swap» entre les différentes offres de stages, petits jobs et emplois qui correspondent à son profil.

En cas d’intérêt pour une annonce, il doit répondre en 140 caractères à une question posée par le recruteur. Si ce dernier est séduit, il active un chat pour dialoguer directement avec le candidat.

Plus d'infos

https://bananeapp.com/

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Avec l’évolution technologique du marché du travail, curriculum vitæ et lettres de motivation ont-ils encore leur raison d’être? La start-up lausannoise Bananeapp a fait le pari que non. Avec son application, sorte de Tinder de l’emploi, elle cherche à rompre avec les méthodes de recrutement traditionnelles. «J’ai changé plusieurs fois de jobs, et c’est une vraie catastrophe. L’aspect humain a disparu», raconte Christophe Badoux, développeur de l’application.

«Aller droit au but»

Dédiée aux étudiants et aux jeunes diplômés, Bananeapp ne demande ainsi qu’un CV condensé en quelques lignes et aucune lettre de motivation, jugée «trop impersonnelle». Sur la plate-forme, cette dernière est remplacée par une messagerie instantanée reliant candidat et recruteur. «Le marché du travail est beaucoup trop codifié. On voulait remettre l’interaction humaine au cœur du recrutement», explique Arnaud Cachin, responsable communication de la start-up. Et Christophe Badoux d’ajouter: «Le chat apporte une notion de proximité. C’est un discours direct et pas des propos programmés.»

En parcourant les offres d’emploi sur l’application, les candidats se voient poser une seule question par chacun des recruteurs. Cette dernière peut se présenter sous différentes formes telles qu’«expliquez en trois mots pourquoi avoir postulé chez nous», ou encore «quelle est votre citation préférée?». Pour y répondre, les postulants ne disposent alors que de 140 caractères. «Il n’y a pas de blabla. Il faut aller droit au but», souligne Arnaud Cachin. Les recruteurs se basent ensuite sur les réponses pour activer ou non la messagerie.

Un concept que Fanny Comba, responsable communication chez Jobup.ch, juge «novateur» mais qui peut comporter quelques risques. «Les gens doués en rédaction et en communication seront favorisés. Il faut faire attention que le tri ne devienne pas trop subjectif et superficiel. On peut plus rapidement se discréditer aux yeux du recruteur. Il y a un risque que certains utilisent l’app de façon trop familière.» Son lancement officiel prévu aujourd’hui, Bananeapp a déjà attisé la curiosité de plusieurs entreprises. Parmi elles, Deliway, qui propose des livraisons de plats du jour à vélo. «Les méthodes de recrutement à coups de CV sont vouées à disparaître», explique Nathan Gilson, qui dirige l’entreprise. Lequel voit d’un bon œil l’arrivée de technologies telles que Bananeapp sur le marché de l’emploi. «Pour l’employeur c’est un vrai gain de temps. Ça permet de trier beaucoup plus rapidement quel candidat est plus apte que l’autre.»

Ce gain de temps étant essentiel aux yeux des recruteurs, les nouvelles plates-formes cherchent à leur permettre d’identifier directement les candidats adéquats sans pour autant qu’ils aient à postuler. Ainsi, «le candidat n’aura bientôt plus à chercher l’emploi lui-même, explique Fanny Comba. Il y a eu un vrai changement de paradigme grâce aux technologies. Le recruteur ne poste plus simplement d’annonce mais cible le profil qui correspond et vient proactivement faire une offre au candidat.»

Mais, en Suisse, nombre de recruteurs peinent à changer leurs habitudes. «Beaucoup d’employeurs attendent encore cette forme ritualisée avec CV, lettre de motivation et certificats», explique François Vodoz, chef du service de l’emploi du canton de Vaud. Et d’ajouter: «L’évolution technologique du monde du travail est en cours. C’est inévitable, mais ça prend du temps.»

Créé: 19.09.2017, 09h27

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.