Dimanche 19 janvier 2020 | Dernière mise à jour 20:05

Etats-Unis Le patron qui pèse 150 milliards

Alors que Jeff Bezos est l’homme le plus riche de l’histoire moderne, Amazon est secoué par de multiples grèves. Mais les syndicats européens sont loin de faire le poids.

Jeff Bezos a construit son empire sur la rentabilité extrême de ses employés.

Jeff Bezos a construit son empire sur la rentabilité extrême de ses employés. Image: Joe Klamar/AFP

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Jeff Bezos a battu, ou faudrait-il dire explosé, un record vieux de 19 ans. Bill Gates était alors le premier à voir sa fortune personnelle dépasser les 90 milliards de dollars. Le patron et principal actionnaire d’Amazon vient de pulvériser cette marque: son portefeuille pèse aujourd’hui 150 milliards de dollars. L’équivalent du PIB de la Hongrie, rien que ça!

Croissance exponentielle

Le premier humain à voir douze chiffres sur son compte en banque peut remercier les «Black Friday» et autres «Prime Day», immenses soldes sur la plateforme de vente en ligne. Durant ces événements, l’action en bourse s’envole invariablement, et son fondateur empoche des sommes colossales. Le modèle Amazon est un succès à la croissance exponentielle: Bezos a mis vingt ans à peser 50 milliards, deux de plus à atteindre 100 milliards puis seulement six mois supplémentaires à passer les 150 milliards de dollars.

Conditions de travail infernales

Mais le système Amazon fait grincer des dents. Il ne pouvait en être autrement. En Europe, des syndicats ouvriers s’indignent des conditions de travail au sein de la firme. En cause: le non-respect des conventions collectives. Le syndicat Verdi, deuxième plus important d’Allemagne, a fait de Jeff Bezos et son entreprise l’une de ses cibles favorites. Depuis 2013, il a entrepris plusieurs actions afin d’attirer l’attention d’un patron qui reste sourd face à ses sollicitations. Le syndicat dénonce des cadences infernales, particulièrement dans les entrepôts, un travail debout pénible et soumis à une pression de rentabilité extrême. Verdi demande une augmentation des salaires mais également une protection de la santé des employés.

Appel à la grève lors du dernier «Black Friday», tentative de blocage d’entrepôt à Noël, ces actions allemandes ont été suivies en Espagne, Pologne et Italie.

De quoi faire vaciller le leader de la vente en ligne? Pas le moins du monde, selon François Savary, directeur des investissements chez Prime Partners. «Leur modèle est en expansion et ils se sentent assez fort. Ils trouveront des solutions locales selon les situations, ou alors embaucheront d’autres personnes», prédit l’analyste financier. «Ils trouveront toujours de la main-d’œuvre pour satisfaire leur demande. Ce ne sont pas les syndicats qui tiennent le couteau par le manche.»

Un système qui demande à ses employés une rentabilité extrême: voilà l’un des secrets d’Amazon pour booster des profits qui ne sont pas près de retomber.

L’arrivée prochaine de l’enseigne en Suisse a de quoi réjouir les consommateurs, mais peut-être pas les employés.

Créé: 18.07.2018, 12h30

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