Vendredi 19 octobre 2018 | Dernière mise à jour 08:14

Suisse Santésuisse dénonce les secteurs trop chers

Deux jours avant l'annonce des primes de l'an prochain, l'organisation met le doigt sur les secteurs qui plombent, dont celui des traitements ambulatoires.

Les coûts de la santé continuent de progresser.

Les coûts de la santé continuent de progresser. Image: Archives/photo d'illustration/Keystone

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Santésuisse a devancé de deux jours l'annonce des primes 2018 de l'assurance maladie pour en expliquer la hausse, qui devrait correspondre à celle des coûts de la santé, à l'image de ces dernières années. La principale faîtière des assureurs maladie souligne les secteurs où les dépenses dépassent la moyenne.

Avec une hausse de 3,8% par personne assurée en 2016, les coûts de la santé continuent de progresser conformément à la croissance moyenne à long terme de 3 à 5%. L'augmentation varie fortement en fonction des catégories de coûts, a relevé Santésuisse mardi dans un communiqué en marge d'une conférence de presse à Berne.

Et la faîtière d'affirmer que «compte tenu du fait que les salaires et l'inflation n'augmentent que faiblement, cette hausse persistante aux dépens des assurés est particulièrement préoccupante». Surtout quand on sait que, à côté du loyer et des impôts, la prime maladie représente un des gros postes budgétaires des ménages, dont la hausse pèse beaucoup, a dit devant les médias la directrice de Santésuisse Verena Nold.

Hospitalier et ambulatoire

Parmi les principales catégories, ce sont les coûts hospitaliers ambulatoires qui ont enregistré la plus forte progression en 2016, avec un bond de 8%. Les prestations ambulatoires fournies par les médecins en pratique privée n'ont en revanche augmenté que de 3,5% par assuré. Les différences cantonales sont cependant importantes et il est difficile de les expliquer, selon Verena Nold. Neuchâtel et dans une moindre mesure le Jura exceptés, tous les cantons romands sont nettement au-dessus de la moyenne suisse.

Si les payeurs de primes supportent l'intégralité des dépenses dans le domaine ambulatoire, ce sont avant tout les contribuables qui prennent en charge les coûts des séjours hospitaliers depuis que les cantons ont vu leur part au financement des hôpitaux augmenter à 55% jusqu'au 1er janvier. Or en 2016, les coûts des séjours hospitaliers ont reculé de 1,4% par personne assurée, note Santésuisse.

Ce constat n'est pas étonnant puisque le déplacement du stationnaire vers l'ambulatoire, moins cher, correspond à une volonté politique. Les résultats obtenus incitent Santésuisse à demander désormais un financement identique des traitements ambulatoires et stationnaires. Comme cela a été fait pour les hôpitaux, il s'agirait aussi d'introduire les tarifs forfaitaires dans le domaine ambulatoire.

Moutons noirs

Autre coupable de la hausse, les médicaments dont les prix restent élevés faute d'adaptations, dénonce la faîtière. Les coûts des pharmacies et des médicaments délivrés par les médecins en pratique privée ont augmenté au total de 4,6% par personne assurée. Pour contrer cette tendance, Santésuisse propose d'assouplir le principe de territorialité: les caisses devraient pouvoir rembourser des médicaments achetés à l'étranger.

D'autres catégories de soignants sont visées par les assureurs. Ainsi, selon eux, la physiothérapie a vu ses coûts augmenter de 10,2%. Ceux de l'aide et des soins à domicile ont crû de 8,4% et ceux des laboratoires de 6,3%. Une croissance jugée très «forte et dont l'importance par rapport à la croissance globale des coûts est en augmentation». Ces trois secteurs représentent déjà 2,6 milliards sur un total de 31,7 milliards de francs.

Tarmed

Santésuisse ne croit en outre que peu aux affirmations du Conseil fédéral selon lesquelles l'intervention de ce dernier dans le tarif Tarmed, qui entre en vigueur à partir du 1er janvier 2018, permettra d'économiser 470 millions de francs au niveau des traitements ambulatoires des médecins et des hôpitaux, soit 1,5% de prime par assuré.

Les assureurs estiment que la démarche du Conseil fédéral «manque de prudence». «Il faut d'abord avoir la garantie que des économies sont réellement faites avant de songer à adapter les primes», déclare Verena Nold, citée dans le communiqué. Et cette dernière de craindre plutôt des surcoûts de 149 millions de francs dus à une extension des prestations en l'absence du patient.

On ne pourra rien dire avant neuf mois au moins, selon elle. Pour Santésuisse, lutter contre la hausse des primes, donc des coûts de la santé, n'est possible qu'en combinant plusieurs mesures. (ats/nxp)

Créé: 26.09.2017, 11h00

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