Lundi 22 janvier 2018 | Dernière mise à jour 00:33

Banque Scandale UBS: trop, c'est trop!

La banque écope d’une amende record suite au scandale de manipulation du LIBOR. Faut-il la punir en l’empêchant de pratiquer en Suisse? Des élus fédéraux le pensent.

De gauche comme de droite, les critiques fusent sur UBS.

De gauche comme de droite, les critiques fusent sur UBS. Image: Keystone/Steffen Schmidt

UBS doit-elle encore être soutenue?

AUTRES AMENDES D’UBS

710 millions

Amende imposée en 2009 pour avoir aidé à frauder le fisc américain.

146 millions

Somme réclamée en 2011 pour clore une affaire de manipulation d’obligations aux Etats-Unis.

45 millions

Montant réclamé par la Grande-Bretagne en 2012 pour avoir failli à contrôler les dérives du trader Adoboli.

1,2 million

Amende dictée hier par un tribunal milanais pour avoir «trompé la mairie». UBS reste dans le viseur des justices française et américaine.

ÉDITORIAL

Les péchés pas mignons d’UBS

Un nouveau scandale éclabousse UBS. Des employés ont manipulé des taux d’intérêt. La banque devra payer une nouvelle amende record: un milliard quatre cents millions de francs, une somme qui, pour la plupart d’entre nous, comporte trop de zéros pour avoir un sens. Frauder, tricher, manipuler, renvoyer. Les verbes d’usage lorsque UBS est au cœur de l’actualité finissent par hérisser le poil.

Marre! A chaque fois qu’UBS glisse dans le caniveau, c’est l’image de la Suisse et sa crédibilité qui sont ternies. Nos voisins français en profitent pour dérouler leur litanie harassante et de plus en plus simpliste de «nous pauvres, vous riches», et nos voisins allemands pour acheter des CD de données bancaires.

Face à ce marasme, le camp politique est désarmé et en colère. Il se rend compte qu’il s’est bien fait avoir. Car c’est lorsque Marcel Ospel était à la tête d’UBS qu’ont commencé toutes les histoires qui se soldent aujourd’hui par des scandales. Ce même Ospel qui avait réussi à faire sauver son établissement par les politiques sans contrepartie.

L’actuel directeur d’UBS, Sergio Ermotti, doit assumer aujourd’hui des erreurs qu’il n’a pas commises. Il y a lieu de lui laisser une chance. Mais les mondes financier et politique devraient aussi se poser quelques questions: jusqu’où la farce peut-elle aller? Quel est le point de non-retour? UBS a-t-elle encore un impact positif pour l’économie? Et anticiper la chute avant qu’elle n’advienne.

LISE BAILAT, journaliste

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«Connerie», «péché mortel», «scandale». De gauche à droite, les élus fédéraux n’en peuvent plus des déboires judiciaires et financiers d’UBS. Après avoir sauvé la banque en 2008, ils sont fâchés. «Ça suffit! Il faut changer notre attitude face à UBS, que le Conseil fédéral n’a jamais cessé de protéger. Nous ne pouvons plus lui faire confiance», estime la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD).

L’amende de 1,4 milliard de francs dont a écopé l’enseigne hier pour avoir manipulé la communication du taux LIBOR, la référence bancaire, n’est-elle pas suffisamment lourde? «Cette somme ne représente rien pour eux. Peut-être même qu’ils en rigolent. Il faut être plus dur», assène Ada Marra. Nouvelle tuile tombée sur UBS hier: un tribunal milanais l’a condamnée avec quatre autres banques à 1,2 million de francs d’amende pour avoir vendu des produits dérivés toxiques à la mairie.

«Une sanction qui fasse mal»

Trop, c’est trop. Cadre du Parti socialiste, Cédric Wermuth se demandait hier sur Twitter ce qu’il faut encore qu’UBS fasse pour que sa licence lui soit retirée, c’est- à-dire qu’une interdiction de pratiquer en Suisse lui soit signifiée. Il est rejoint par le conseiller national Yves Nidegger (UDC/GE): «Si vraiment UBS a manipulé le LIBOR, il faut lui retirer sa licence! Le fait de la faire payer me paraît curieux. L’organe de contrôle s’enrichit au prorata des erreurs qu’il est justement censé empêcher. Je suis pour les sanctions, mais il faut qu’elles fassent mal, pas qu’elles enrichissent l’administration», affirme l’avocat genevois.

Ne pas punir les actuels chefs

UBS est-elle devenue la proie à abattre? Son directeur général, Sergio Ermotti, a fait acte de contrition hier. Il a pris des mesures disciplinaires, en se séparant de 30 à 40 collaborateurs directement impliqués dans le scandale. Les actes litigieux sont survenus entre 2006 et 2010, avant son arrivée. Cela le blanchit, aux yeux du conseiller national Fulvio Pelli (PLR/TI). «Ce qui s’est passé est un scandale, mais il appartient à une époque d’UBS vieille de déjà presque 10 ans! Il serait faux de punir l’équipe actuelle pour des faits qu’elle n’a pas commis.»

Les Verts veulent une enquête

La grogne envers UBS déborde aussi sur la FINMA. Les Verts demandent l’ouverture d’une enquête parlementaire. «Nous souhaitons examiner le rôle et l’efficacité de l’autorité suisse de régulation dans cette affaire», explique le sénateur Luc Recordon (Verts/VD). Les écologistes écornent au passage Mark Branson, actuel employé de la FINMA, qui était cadre d’UBS au Japon à l’époque du scandale LIBOR! «Cinq enquêtes internationales et indépendantes ont été menées dans le cas LIBOR. Aucune ne reproche à Mark Branson une quelconque faute professionnelle directe», affirme toutefois le porte-parole de la FINMA, Tobias Lux. (Le Matin)

Créé: 20.12.2012, 06h12


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