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Radio-Télévision Plus de 70 postes seront supprimés à la RTS

Contrainte d'économiser 40 millions de francs par an dès 2016, la SSR annonce la suppression de 250 postes.

La RTS à Genève.

La RTS à Genève. Image: Keystone

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La SSR prévoit la suppression de 250 postes, soit environ 5% de ses effectifs. Cette mesure est la conséquence de l'arrêt du Tribunal fédéral sur la TVA et de l'augmentation de la part de la redevance dévolue aux radios et télévisions régionales.

La SSR doit économiser 40 millions de francs par an dès 2016 sur un budget de 1,6 milliard, a indiqué mardi à l'ats le porte-parole du groupe, Daniel Steiner. Evaluées à environ 2,5%, les mesures d'économie concerneront en priorité l'administration, l'informatique et la production. Mais des coupes dans le programme sont inévitables.

La SRF et sa filiale tpc en Suisse alémanique sont concernées à hauteur de 102 postes à temps plein. En Suisse romande, ce sont 74 postes qui seront supprimés à la RTS. Quarante-neuf postes sont concernés à RSI, en Suisse italienne, et 20 postes à la direction générale, détaille le groupe de radio et de télévision du service public dans un communiqué.

Les Alémaniques les plus touchés

Proportionnellement au nombre de postes équivalent temps-plein articulés sur les sites des médias respectifs, les Alémaniques sont les plus touchés. Les mesures visent plus de 6% des postes. Les Romands contribueront avec quelque 4,6% de réduction de leurs effectifs. Les Italophones sont les moins frappés avec une diminution équivalente à 4,4%.

RTR en Suisse romanche et la plate-forme en ligne pour l'étranger swissinfo.ch contribueront elles aussi au programme d'économies par une diminution des charges d'exploitation courantes.

«Pas de pression politique»

«Ce programme d'économies est nécessaire», a indiqué mardi le directeur général de la SSR, Roger De Weck à la SRF. «Nous voulons essayer de travailler encore plus efficacement, là où c'est possible». Et le patron du groupe de souligner qu'ils s'efforceront de maintenir la qualité de leur offre, mais que celle-ci sera «un peu réduite». Une ou l'autre émission «manquera» peut-être bientôt aux spectateurs ou auditeurs.

Interrogé sur une éventuelle pression politique que subirait la SSR, Roger De Weck a sobrement réfuté cette hypothèse. Son adversaire le plus acerbe, l'Union suisse des arts et métiers, a exigé encore récemment une large discussion publique sur le «contenu et l'étendue» du service public. La SSR devrait réduire le volume de ses prestations, selon une de ses requêtes principales.

Mesures alternatives

Impressum, la plus importante association professionnelle de journalistes de Suisse, s'est dite «choquée» par l'annonce de suppression de postes. Dans sa prise de position, elle assure ses membres de son soutien.

De son côté, la SSR souhaite agir de manière «transparente, équitable, responsable et conséquente». Elle prendra en compte les possibilités offertes par les postes vacants et les préretraites avant de procéder à des licenciements, précise-t-elle. Le groupe a d'ores et déjà annoncé qu'il consultera l'Association des cadres ainsi que le Syndicat suisse des mass médias (SSM).

Ce dernier a sur le champ annoncé qu'il cherchera des «mesures alternatives», en collaboration avec les employés, afin de sauver un maximum d'emplois. Parallèlement à cette consultation, le SSM ira négocier dans les jours qui viennent un plan social.

A l'émission Forum de la RTS, le directeur de la RTS Gilles Marchand a évoqué des domaines dans lesquels il est possible d'agir, comme l'achat de films et de séries, dans les divertissements ou l'actualité, où la météo pourrait subir une réorganisation. L'émission Outre-Zapping passerait à la trappe.

Difficile toutefois d'être précis aujourd'hui, a-t-il ajouté, car il ne s'agit que de propositions dans un processus de consultation ouvert avec les partenaires sociaux.

Chiffres noirs en 2016

Ce programme d'économies survient à la suite de la décision du Tribunal fédéral en avril de dispenser les contribuables de payer la TVA sur la redevance. La SSR devra la prendre à sa charge, ce qui lui coûtera 35 millions de francs par an, selon cette dernière.

L'augmentation de la quote-part du produit de la redevance destinée aux radios et télévisions régionales réduira également les recettes de la SSR d'au moins 5 millions de francs par an, dès l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la radio et la télévision, prévue à la mi-2016.

La SSR entend renouer avec les chiffres noirs dès 2016, indique-t-elle toutefois dans son communiqué.

(ats/nxp)

Créé: 06.10.2015, 16h29

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