Dimanche 18 novembre 2018 | Dernière mise à jour 22:47

Téléphonie mobile Les tarifs baissent, sauf en Suisse

L’opérateur Free vient de casser les prix en France. Chez nous, les prix stagnent. Et les consommateurs en ont ras le bol.

Xavier Niel, le patron de Free Mobile.

Xavier Niel, le patron de Free Mobile.

Interview de Xavier Niel, patron de Free Mobile

Vous venez de casser les prix en France. Vous étiez dans la course pour racheter Orange Suisse. Auriez-vous mis la même pression sur le marché suisse?

C’est notre marque de fabrique. Il faut que l’on fasse la meilleure offre possible. Si nous avions pu racheter Orange Suisse, nous aurions donc mis exactement la même pression.

Vous pensez que cela aurait été possible chez nous?


Ce que nous faisons en France, il est possible de le faire partout. Après, il faut des gens qui ont une volonté. Dans la plupart des pays européens, comme
en Suisse, il y a des oligopoles.
Et s’il n’y a pas un acteur agressif, les tarifs stagnent.

Un groupe Facebook s’est créé demandant l’arrivée de Free en Suisse. Est-ce possible un jour?

Si on ouvre à nouveau l’appel d’offres, oui c’est possible!
Le problème, dans votre pays, c’est
la législation qui est trop restrictive lorsque l’on veut poser des antennes. Il est donc trop compliqué pour un nouvel acteur de s’implanter.

Vous avez des liens avec Orange France puisque vous allez utiliser son réseau 3G. Ce n’était pas suffisant pour les convaincre de vous vendre leur filiale suisse?

Non, le problème c’est que le prix proposé par ceux qui ont remporté
la mise était trop élevé par rapport à notre offre. Mais cela veut aussi dire que, vu la somme investie par le gagnant, les tarifs d’Orange ne risquent pas de baisser. Je pense que les deux autres acheteurs potentiels auraient été de bien meilleurs opérateurs pour les clients. Après, c’est peut-être l’amertume qui me fait dire cela.

Les opérateurs suisses doutent que vous allez pouvoir offrir des prestations de qualité avec ces tarifs si bas…

La qualité, cela veut dire quoi? Nous déployons le réseau le plus moderne, donc le plus qualitatif. Ensuite, au niveau du support téléphonique, je ne suis pas inquiet. Où nous devons rattraper notre retard, c’est sur les points de vente. Nous allons en ouvrir 100 prochainement.

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Dire qu’il aurait pu débarquer en Suisse! Xavier Niel, patron de Free Mobile, était en effet dans la course pour reprendre l’opérateur Orange chez nous, mais c’est le fond d’investissement anglais Apax partners qui a raflé la mise, à fin décembre dernier. Si l’on regrette tant la non venue de l’entrepreneur, c’est qu’il vient de présenter, ce mardi, une offre fracassante en France: un abonnement mobile avec appels, SMS, MMS illimités et Internet jusqu’à 3 GB de données, le tout pour 19.99 euros par mois seulement. Interrogé par «Le Matin», Xavier Niel est catégorique: en Suisse aussi, il est possible de baisser les tarifs (voir ci-contre). Suite à l’arrivée de ce nouvel opérateur en France, des internautes ont même décidé d’ouvrir un groupe Facebook «Pour que Free vienne s’installer en Suisse».

Malheureusement, il est peu probable qu’un nouvel acteur vienne secouer notre marché. «Au vu des procédures pour implémenter des antennes sur notre territoire, cela paraît impossible», confirme Pascal Martin, spécialiste du marché des télécommunications. Et le racheteur d’Orange Suisse ne baissera probablement pas ses tarifs, selon lui.

La concurrence sur le marché de la téléphonie mobile semble donc ne pas avoir les effets escomptés. Et les consommateurs suisses en ont marre de payer beaucoup plus que leurs voisins. Le blogueur Valentin Dubach a réagi à l’annonce de Free en publiant une offre de Swisscom correspondante. «Je me suis rendu compte qu’elle était presque sept fois plus chère, raconte-t-il. J’ai entendu le porte-parole de Swisscom essayer de se défendre à la radio, mais même si c’est vrai que l’on gagne davantage ici, rien ne justifie un écart pareil.» La Fédération romande des consommateurs est du même avis. «Avec notre permanence téléphonique, nous nous rendons bien compte que les factures de téléphonie mobile ont un impact fort dans le budget des ménages», ajoute son secrétaire général Mathieu Fleury.

Lois plus sévères en Suisse

Les trois opérateurs principaux justifient, pour leur part, les différences de tarifs. «Les conditions en Suisse sont très différentes, réagit Sunrise. Les valeurs limite pour les antennes sont par exemple beaucoup plus sévères, ce qui nous oblige à en avoir davantage. Et mettre une antenne en Suisse est, de par les procédures d’autorisations très complexes, un processus vraisemblablement beaucoup plus long et coûteux qu’en France.» Swisscom et Orange mettent aussi en avant une qualité de service supérieure chez nous.

Pour certains, il est tout de même possible de mettre la pression sur les prix en Suisse. «On doit absolument stimuler la concurrence dans notre pays, déclare Mathieu Fleury. Il faut notamment un comparatif clair des offres et pas une jungle des prix comme actuellement. Les consommateurs doivent aussi être moins passifs et choisir les produits les moins chers.» (Le Matin)

Créé: 11.01.2012, 23h42

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