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Crise de la dette Les taux négatifs français ne tombent pas du ciel

La France a emprunté à taux négatif lundi sur les marchés. Les marchés paient pour lui prêter. Etonnant? Pas tant que ça, si on en croit certains médias français.

La France serait assimilée à un endroit sûr pour y placer ses capitaux.

La France serait assimilée à un endroit sûr pour y placer ses capitaux.

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La France est souvent rangée dans les pays qui ont mal à leurs finances publiques. Même si, il faut bien le dire, trois des quatre agences de notation lui conservent leur meilleure note.

Reste que lundi, l’Etat français a emprunté à taux négatifs. Le marché paye pour lui prêter. Comme pour l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark mais aussi la Suisse. Mais pour la France, c’est une première.

La somme en question avoisine les six milliards d’euros. Et le taux d’intérêt s’est situé entre -0,005% et -0,006%. Du coup, l’Etat perçoit cinq petits euros pour chaque million emprunté, constate Les Echos.

Disparités entre pays

Cette situation symbolise les différences entre les pays de la zone euro, écrit Le Huffington Post. «Elle signifie que les marchés préfèrent payer, certes un minuscule prix mais payer quand même, pour être certain que leur argent sera placé dans un endroit sûr».

Plusieurs explications sont avancées. Soit, simplement, la France est considérée par les marchés comme un pays suffisamment sûr. Malgré une dette qui a filé ces dernières années.

Comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, le France devient une valeur refuge. Elle fait office de «second meilleur second choix» en raison de la liquidité de sa dette, estiment Les Echos. L’investisseur considère qu’il y retrouvera ses billes in fine. Il est moins certain de le faire en Grèce ou en Espagne.

Contraintes en capital

«Certains investisseurs ont des contraintes tellement importantes qu’ils proposent de payer pour prêter des fonds à court terme aux pays considérés comme les moins risqués de la zone euro», explique aussi un stratégiste financier dans La Tribune.

Ces contraintes tiennent notamment aux exigences en capital. Ne possédant pas suffisamment d’obligations d’Etat sûres et de courte échéance, certains investisseurs privés sont censés «mettre plus de capital en face de leurs actifs». Mais cela coûte plus cher que les quelques miettes d’intérêts négatifs octroyés à l’Etat français.

Spéculation sur un éclatement

Le Huffington Post émet une autre hypothèse. Le marché spéculerait sur un éclatement de la zone euro. Pour faire simple, si la zone sombrait, des monnaies comme le mark ou le franc vaudraient plus que l’euro aujourd’hui.

Autrement dit, un placement à rendement négatif en euro reprendrait des couleurs. Il ferait gagner de l’argent au prêteur, rétribué en francs.

«Certes, un telle hypothèse est encore bien loin de l’Europe, écrit le média en ligne. Mais il suffit de trouver ensuite un investisseur qui partage ce sentiment pour réaliser une plus-value en revendant ses titres sur le marché secondaire.»

Créé: 10.07.2012, 09h22


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