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Coutume Le trafic de viande de brousse explose

Selon une récente étude, les importations de chair d’animaux menacés d’extinction augmentent en Suisse. Pourtant, aucun dispositif de prévention n’est mis en place.

Parmi les saisies des douaniers suisses, les espèces les plus courantes sont les pangolins, les primates et des petits carnivores.

Parmi les saisies des douaniers suisses, les espèces les plus courantes sont les pangolins, les primates et des petits carnivores. Image: Christian Bonzon

40 tonnes

au moins de viande de brousse seraient importées en Suisse chaque année, selon l’Organisation Tengwood.

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«Les importations de viande de brousse sont en croissance exponentielle.» Kathy Wood, cofondatrice de l’Organisation Tengwood, qui œuvre en faveur des primates d’Afrique de l’Ouest, s’inquiète. Selon la mise à jour d’une étude qu’elle a entamée avec son collaborateur Bruno Tenger en 2013, l’importation illégale de viande en Suisse serait en train de connaître une hausse significative: plus de 40 tonnes par année.

«Pour obtenir nos chiffres, nous avons fait une extrapolation à partir des échantillons de bouts de chair saisis à la frontière, qui ne représentent qu’entre 2 et 10% du marché total, explique Kathy Wood. Malgré nos résultats accablants, aucun dispositif pour lutter contre le phénomène n’a été mis sur pied.» Qui est à l’origine de ces importations clandestines? «Il s’agit d’individus isolés, pour la plupart», relève pour sa part Bruno Tenger.

Problème international

Gros obstacle: les steaks et autres viandes illicites ne sont souvent pas identifiables, rendant d’éventuelles poursuites pénales contre leurs importateurs difficiles. Les produits carnés saisis par les douaniers sont par ailleurs détruits au moment de leur confiscation, sans tests préalables. Malgré ces lacunes, les demandes répétées des deux chercheurs, qui envisagent des tests ADN systématiques ou le dressage de chiens renifleurs, restent lettre morte. «Les tests coûteraient trop cher et les chiens s’exposeraient aux maladies transmises par les morceaux de viande infectés, continue Bruno Tenger. Il est ainsi très difficile de faire avancer notre cause.»

Bien que l’étude n’ait été menée qu’en Suisse, le problème est global. «Si de telles quantités sont enregistrées pour un territoire aussi petit que le nôtre, je vous laisse imaginer ce que cela représenterait pour les pays plus grands», s’indigne Kathy Wood. Des préoccupations partagées par Tom De Meulenaer, qui travaille à la Convention sur le commerce international des espèces en danger (CITES): «N’importe quel douanier reconnaîtrait que ses saisies ne représentent qu’une fraction de la réalité, assure-t-il. La diaspora africaine amène avec elle ses coutumes partout où elle s’installe et contribue à ce phénomène. Parfois, ni les importateurs ni les consommateurs ne savent qu’ils font quelque chose d’illégal.»

Actuellement en mission au Nigeria afin d’étudier l’autre bout de la chaîne de distribution, Kathy Wood et Bruno Tenger espèrent que leurs efforts freineront la frénésie autour de la viande de brousse. (Le Matin)

Créé: 24.04.2017, 14h15

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