Dimanche 15 décembre 2019 | Dernière mise à jour 10:53

Innovation Uber veut traquer les passagers ivres

La société américaine vient de déposer un brevet d’intelligence artificielle pour permettre aux chauffeurs de détecter et d’éconduire les passagers en état d’ébriété.

Vidéo: Catherine Cochard

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«Celui qui commande un taxi Uber, c’est celui qui ne boit pas.» Telle pourrait être la nouvelle maxime que devront bientôt observer les adeptes de l’application de covoiturage urbain Uber.

Pour protéger ses chauffeurs, la plateforme américaine a déposé jeudi dernier un brevet d’intelligence artificielle permettant aux conducteurs de détecter les passagers en état d’ébriété. L’entreprise leur donne ainsi le choix de refuser une course aux clients qui aurait potentiellement abusé d’alcool. «Vous demandez à n’importe quel chauffeur de taxi s’il a déjà subi des agressions et vous verrez qu’il s’agit d’un phénomène fréquent», confie un porte-parole d’Uber au «Matin».

Vitesse et fautes de frappe

Le nouvel algorithme permet ainsi de prédire l’état de l’utilisateur et de déceler s’il a un comportement inhabituel au moment de commander son taxi. Pour cela, le système relève différents paramètres, tels que le nombre de fautes de frappe, la précision avec laquelle il clique sur les touches de son smartphone, le temps qu’il a pris pour passer sa commande ainsi que sa vitesse de déplacement. L’heure de la journée et l’endroit où le trajet est demandé peuvent également être pris en compte. Donc une personne qui se trouve à une heure tardive en zone urbaine à proximité d’un bar ou d’une boîte de nuit, et qui tape maladroitement sur son clavier, a de grandes chances d’être catalogué par l’algorithme comme une personne ivre.

«Je me suis marré quand j’ai vu ce nouveau brevet, j’ai cru que c’était une plaisanterie, réagit Patrick Favre, entrepreneur taxi et président de l’Association suisse des taxis. Quelle est réellement la part décisionnelle que l’on peut déléguer à un algorithme? Que se passera-il pour une personne qui rentre du travail tard dans la soirée, dont le bureau se trouve dans un centre de vie nocturne, et qui tape sa commande maladroitement à cause de la fatigue? Elle ne trouvera personne pour la ramener chez elle? Si le chauffeur détecte qu’il y a un risque d’agressivité ou de salissure importante, il est en droit de refuser la course. Mais je pense que cela relève de la psychologie humaine», ajoute-t-il.

Les passagers exposés

Si la sécurité des chauffeurs semble quelque peu renforcée par ce nouveau système, qu’en est-il de celle des passagers? Selon une enquête de la CNN, au moins 103 conducteurs d’Uber aux États-Unis ont été accusés d’avoir agressé, notamment sexuellement, leurs clients au cours des quatre dernières années. Or ces passagers étaient pour la plupart en état d’ébriété au moment des faits.

Quant à savoir si ce nouvel algorithme sera déployé en Suisse, on est encore loin du compte. «Cette idée en est à ses débuts, de sorte que nous ne pouvons pas entrer dans les détails sur la façon dont elle pourrait être utilisée ni sur la date. Nous n’avons aucun projet immédiat pour mettre en œuvre la technologie décrite dans la demande de brevet», souligne Uber. Si le système devait voir le jour, rien ne garantirait donc qu’il soit disponible dans tous les pays.

Créé: 13.06.2018, 11h38

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