Dimanche 23 février 2020 | Dernière mise à jour 13:52

Croissance UBS optimiste dans ses prévisions pour la Suisse

Le produit intérieur brut de la Suisse devrait progresser de 1,8% cette année. Point négatif, les exportations stagnent.

Les exportations stagnent note le chef économiste pour la Suisse, Daniel Kalt.

Les exportations stagnent note le chef économiste pour la Suisse, Daniel Kalt. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les économistes d'UBS demeurent optimistes quant à l'évolution de l'économie suisse. Forte du soutien de la demande intérieure surtout, le produit intérieur brut (PIB) devrait progresser de 1,8% cette année et de 2% l'an prochain.

L'évolution économique est cependant unilatérale, a relevé lundi devant la presse à Zurich Lukas Gähwiler, le patron d'UBS Suisse, dans le cadre de la présentation de la dernière édition d'«UBS Outlook Suisse». Alors que l'activité domestique se trouve en plein boom, les exportations stagnent, a poursuivi le chef économiste pour la Suisse, Daniel Kalt.

Libre circulation favorable

La solide croissance de la demande intérieure continue de reposer sur la libre circulation des personnes et l'afflux de ressortissants étrangers. Depuis le début 2012, la consommation des ménages s'est accrue, alors que les investissements dans la construction et les biens d'équipement ont dans le même temps stagné.

Au cours du 2e trimestre, la consommation des ménages s'est envolée de 3%, un véritable boom qui représente une exception historique, relèvent les auteurs de la publication. De tels taux ont été observés au tournant du millénaire et, auparavant, à la fin des années 80.

Similarités avec la fin des années 80

Alors que l'essor économique des années 2000 a surtout bénéficié des taux de croissance élevés des exportations, la situation actuelle s'apparente plutôt à celle de la fin des années 80, avec une politique monétaire libérale. Un boom des années 80 qui s'est terminé par une vive hausse de l'inflation , une augmentation des intérêts et l'éclatement d'une bulle immobilière.

Selon les économistes d'UBS, le véritable moteur réside sans doute dans la politique monétaire expansive de la Banque nationale suisse (BNS). Celle-ci se reflète de plus en plus clairement dans l'évolution des crédits. Les emprunts hypothécaires et la masse monétaire M3 ont ainsi explosé ces dernières années.

Les crédits avantageux dynamisent notamment l'activité domestique, par le biais du marché de l'immobilier. UBS n'entrevoit toutefois pas de hausse de l'inflation à court terme, tant en Suisse qu'à l'étranger. Sur le territoire helvétique, la libre circulation a permis d'éviter une spirale inflationniste salaires-prix.

UBS n'exclut toutefois pas que le boom de l'activité domestique puisse à l'avenir renforcer l'inflation, au vu de la hausse des prix des biens intérieurs ces derniers mois. Si celle-ci devait s'accélérer, la BNS devra envisager un resserrement de sa politique monétaire.

Réforme saluée

«UBS Outlook Suisse» se penche aussi sur l'avenir de la prévoyance vieillesse en Suisse. Avec l'échec des réformes du système helvétique, longtemps une référence à l'étranger, la Suisse perd peu à peu de son avance en la matière.

L'actuelle réforme Prévoyance vieillesse 2020 du conseiller fédéral Alain Berset doit répondre aux défis du recul de la génération active, d'une espérance de vie en hausse et de rendements faibles des marchés des capitaux. Si les propositions sont bonnes, elles pèsent surtout sur les jeunes générations.

La Suisse représente le seul pays européen à poursuivre l'ambitieux objectif de maintenir le montant des rentes actuelles. L'Autriche, la Finlande, l'Allemagne, l'Italie, le Portugal, la France, la Grèce et la Suède ont déjà abaissé les retraites. Les gouvernements ont pour la plupart seulement soutenu des pensions très modestes.

L'objectif suisse a pour conséquence que les coûts d'assainissement reposent sur la jeune génération. Veronica Weisser, économiste d'UBS juge cette approche compréhensible du point de vue politico-économique, les charges semblant moins lourdes à terme que la réduction des retraites dès aujourd'hui.

Manque d'actifs

Il en va ainsi de l'assainissement du financement de l'AVS, la réforme prévoyant une augmentation de la TVA jusqu'à deux points de pourcentage. Le système financé par répartition se trouve sous pression du fait que le rapport entre population active et retraités se situe actuellement à quatre pour un et tombera à deux pour un en 2035.

UBS se penche également sur les risques que fait peser l'essor du marché immobilier sur le système de prévoyance. Au vu des conditions actuelles, la banque recommande d'examiner en détail l'utilisation des fonds de caisse de pension pour l'achat d'un logement. (ats/nxp)

Créé: 04.11.2013, 13h51

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.