Vendredi 6 décembre 2019 | Dernière mise à jour 08:15

Suisse UBS voit des taux négatifs jusqu'en 2022

La grande banque estime que la BNS devrait poursuivre sa politique monétaire très expansionniste, vu les incertitudes économiques.

UBS pense que la BNS ne touchera pas à sa politique monétaire avant 2022.

UBS pense que la BNS ne touchera pas à sa politique monétaire avant 2022. Image: Keystone

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Face aux incertitudes économiques et aux tensions commerciales, la Banque nationale suisse (BNS) ne devrait pas remonter ses taux directeurs en territoire positif avant 2022, ont estimé jeudi les économistes d'UBS.

«L'année 2019 est marquée par l'escalade de conflits politiques: au niveau mondial, il y a le différend commercial sino-américain et, à l'échelon régional, les dissensions entre la Suisse et l'UE autour de l'accord institutionnel», ont rappelé les spécialistes de la banque aux trois clés dans un communiqué.

Après une croissance de 2,5% en 2018, le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse devrait ralentir à 1,3% cette année et passer à 1,6% la suivante, a précisé UBS, confirmant de précédentes estimations.

Vu les difficultés économiques, l'institut d'émission helvétique devrait poursuivre sa politique monétaire très expansionniste. «Si la Banque centrale européenne adopte une politique monétaire encore plus expansionniste ces prochains mois, il se pourrait même que la BNS baisse encore ses taux», a ajouté UBS.

La BNS avait en effet récemment laissé entendre qu'elle disposait d'une marge de manoeuvre suffisante pour abaisser davantage ses taux directeurs.

Pénurie de main d'œuvre

La pénurie de main d'oeuvre qualifiée va s'accentuer en Suisse. Selon les estimations d'UBS, il manquera dans dix ans près d'un demi-million d'employés dans le pays et l'immigration ne pourra pas combler ce déficit.

Sur la prochaine décennie, les spécialistes de la banque aux trois clés s'attendent à une croissance de la population active d'un maximum de 200'000 personnes, ce chiffre comprenant une immigration nette de 60'000 personnes, d'après l'étude publiée jeudi. Si le taux de croissance de l'emploi de 1,3% des 15 dernières années se poursuit, 700'000 nouveaux emplois devraient être créés.

«C'est loin d'être suffisant pour répondre à la demande de main-d'oeuvre attendue», ont averti les économistes de l'établissement zurichois.

La demande varie cependant fortement en fonction des secteurs d'activité. Dans la santé, les soins et l'enseignement la demande va progresser, alors qu'elle va stagner dans l'industrie et le commerce.

Pour combler ces fossés sur le marché du travail, la Suisse aurait besoin d'une immigration nette de plus de 100'000 personnes sur les dix prochaines années, ou alors elle doit améliorer les conditions d'accès au marché du travail, pour les femmes notamment.

«Les femmes dont les enfants ont achevé leur scolarité obligatoire pourraient augmenter leur taux d'occupation et, ainsi, leur engagement sur le marché du travail», a estimé la grande banque, rappelant que 80% des Suissesses occupent un emploi, dont 45% à temps partiel.

Avoir recours aux seniors pourrait également constituer une piste, en «flexibilisant» l'âge de départ à la retraite.

(ats/nxp)

Créé: 11.07.2019, 09h36

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