Mardi 20 février 2018 | Dernière mise à jour 19:36

Nourriture Le ver plus cher que le bœuf

Au poids, les insectes comestibles sont actuellement plus chers en Suisse que la viande. Des prix élevés qui s’expliquent et qui vont baisser, assurent les amateurs de petites bêtes.

Remplacer la viande par des insectes: pas une bonne affaire pour le porte-monnaie.

Remplacer la viande par des insectes: pas une bonne affaire pour le porte-monnaie. Image: IStockPhoto

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Elle serait, selon ses aficionados, la nourriture du futur. Voire, d’après la FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), la seule manière de réussir à nourrir l’humanité en 2050, quand nous serons 9 milliards sur Terre. En mai dernier, la Suisse devenait le premier pays d’Europe à légaliser vers de farine, grillons et criquets comme denrées alimentaires.

Mais en attendant d’entrer définitivement dans nos mœurs, les bébêtes sont pour l’heure dégustées par quelques aventuriers. À cause de la barrière psychologique, mais peut-être pas seulement. Comme l’a montré la SonntagsZeitung il y a quelques semaines dans un comparatif, le prix des insectes comestibles en Suisse est pour l’heure plutôt élevé.

L’entreprise Entomos, qui vend des insectes suisses (pour l’homme et pour les animaux), propose par exemple le kilo de vers de farine à 86 fr. 80. Plus cher que le prix de l’entrecôte de bœuf suisse dans la grande distribution. Alors, pour remplacer les lardons sur une salade, passe encore, mais comment espérer remplacer tout ou partie de la consommation de viande par les insectes?

Pour la conseillère nationale Isabelle Chevalley (VD/Vert’libéraux), grande défenseuse des insectes comestibles, on compare un peu des pommes et des poires et le prix, certes élevé, est dû aux débuts du phénomène. «On compare des poids et non des vertus nutritives, comme l’indice protéinique par exemple. Et même au poids: quand on achète un steak, on achète de l’eau, de la graisse. Il aurait déjà fallu comparer des produits après cuisson. Et le problème, c’est qu’on est au début de la consommation d’insectes. Le temps que tout le monde se lance, que la demande et la production augmentent, et les prix vont baisser, je ne me fais pas trop de soucis pour ça. On a oublié le prix des sushis il y a dix ans, avant qu’on en trouve partout comme aujourd’hui.»

Un optimisme partagé par Ramón Gander, porte-parole de Coop, seul distributeur pour l’heure à vendre des produits à base d’insectes. «À l’heure actuelle, il n’y a pas encore des élevages d’insectes à grande échelle et les produits sont fabriqués dans une manufacture suisse en quantité plutôt petite. Dès que la production accroîtra considérablement, les prix baisseront.»

Consommateurs séduits

Mais les prix élevés – même provisoires – n’auront-ils pas raison de l’effet de curiosité? «Je ne pense pas que cela soit un frein, estime Isabelle Chevalley. Aujourd’hui, le kilo de carottes est à 2-3 francs. Et celui de la salade de carottes râpées à 30 francs. Pourtant, ça n’empêche pas les gens d’en acheter. On consacre 6 à 8% de notre budget à l’alimentation; je ne crois pas que ça sera un problème. Aujourd’hui, ça reste des produits exotiques. Aussi parce qu’il y a un problème d’accès, effectivement. Mais quand j’en fais déguster, neuf personnes sur dix acceptent de tester et six sur dix trouvent ça bon. Je suis persuadée que ça va se développer.»

Coop annonce en tout cas des ventes au-dessus de ses attentes. (Le Matin)

Créé: 08.02.2018, 13h16


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