Mercredi 23 octobre 2019 | Dernière mise à jour 00:01

France Ils ont abattu leur camarade de deux balles dans la tête

Quatre jeunes Normands - deux fois deux frères de 15 et 17 ans - sont poursuivis pour avoir assassinat. Ils ont exécuté Alexandre, 17 ans, un camarade de leur âge, de deux balles dans la tête avant de brûler son corps dans une forêt.

Les forces de l'ordre devant le Palais de justice de Rouen

Les forces de l'ordre devant le Palais de justice de Rouen Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

"Il s’agit d’un assassinat, quelque chose qui a été prémédité... nous avons des aveux et des éléments matériels", a déclaré le procureur de la République à Rouen, Michel Senthille, lors d’un point presse organisé jeudi après-midi pendant que les jeunes étaient auditionnés par un juge d’instruction. "Assassinat, c’est à dire homicide volontaire avec préméditation et guet-apens", a souligné le procureur en insistant sur le caractère "exceptionnel" de ce drame impliquant des mineurs.

Le parquet a requis un mandat de dépôt, la décision finale des juges sera connu d’ici vendredi matin. Couverts par "l’excuse de minorité", les meurtriers présumés encourent 20 ans de détention. "Ils ne se rendent pas tout à fait compte de la gravité de la situation dans laquelles ils sont", a commenté le lieutenant-colonel Hugues Jeannin, commandant la Section de recherches de la gendarmerie de Rouen, chargée de l’enquête. Les quatre, jusque là "connus localement" pour "de petites incivilités" et sans casier judiciaire, ont reconnu avoir attiré leur victime dans un "véritable guet-apens" dans la forêt de Lyons, a-t-il dit.

En garde à vue, ils ont affirmé qu’ils voulaient se débarrasser d’Alexandre parce qu’ils craignaient d’être dénoncés pour un cambriolage commis début mars. Lundi, selon les enquêteurs, les jeunes ont plusieurs fois appelé Alexandre sur son téléphone portable, l’un d’eux est venu le chercher en scooter pour le conduire près d’une route forestière où attendaient les trois autres. Sur place, ils l’auraient fait asseoir sur un rondin pour l’abattre de deux balles de pistolet de calibre 5,5 millimètres dans la nuque avant d’asperger son corps d’essence et de le brûler, a précisé Valérie Cadignan, procureur de la République à Dieppe. Des gardes forestiers ont découvert le corps qui se consumait encore dans la nuit de lundi à mardi.

L’identification rapide de la victime, facilitée par la découverte sur place de son téléphone portable, a permis aux gendarmes d’orienter leurs recherches et d’interpeller les quatre garçons domiciliés dans le village voisin de la Feuillie ou ses environs. L’arme qui provenait du cambriolage de mars a été retrouvée dans une mare voisine sur leurs indications.

Alexandre "a été exécuté comme on exécute un chien", a déploré Anna Castaldo (bien Castaldo), sa mère, jeudi après-midi en quittant le palais de justice de Rouen où l’a reçue le procureur. Une violente dispute avait déjà opposé son fils à un de ses agresseurs en juin dernier, et depuis, selon elle, c’était "chronique d’une mort annoncée". Du côté des enquêteurs, on relativise l’importance de cette dispute qui avait débouché sur un rappel à l’ordre, tant pour Alexandre que pour l’autre adolescent impliqué.

Les jeunes se connaissaient pour avoir fréquenté les mêmes établissements scolaires. Tous étaient connus des gendarmes comme "des jeunes qui ne comportent pas toujours comme des enfants sages", selon les gendarmes. Alexandre était suivi par un juge des enfants et par un éducateur, dans le cadre d’une mesure "d’assistance éducative" ordonnée pour "le protéger", a indiqué la procureur de Dieppe qui a évoqué notamment une "difficulté d’addiction". Il suivait une formation continue au lycée agricole du pays de Bray, à Brémontier-Merval, où une cellule de soutien psychologique a été mise en place, tout comme au collège de La Feuillie, que fréquentait un de ses agresseurs. (afp/Le Matin)

Créé: 29.03.2012, 19h23

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.