Vendredi 21 septembre 2018 | Dernière mise à jour 14:05

Justice Fou, il se défoule sur la procureure!

Rejugé pour tentative de meurtre, le plâtrier espagnol gravement aliéné, qui avait serré le cou de celle qui venait de le quitter, s’est déchaîné sur la représentante du Parquet.

Entravé à la taille au moyen d’une ceinture, le trentenaire a commencé par hurler sur la magistrate alors que celle-ci arrivait dans l’enceinte du Tribunal cantonal neuchâtelois.

Entravé à la taille au moyen d’une ceinture, le trentenaire a commencé par hurler sur la magistrate alors que celle-ci arrivait dans l’enceinte du Tribunal cantonal neuchâtelois. Image: Le Matin/Laurent Crottet

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Les «magouilles» d’une procureure prétendument coupable «d’abus de pouvoir», une véritable «trafiquante de drogue» qui devrait «finir en prison» et «suivre aussi une thérapie»: «cette p…, une vraie s…, baisée sur la table…» Hier devant la Cour d’appel neuchâteloise, devant une assistance stupéfaite et durant de longues minutes, Diego* (un Espagnol cogneur de 35 ans) a eu tout loisir de déverser son fiel d’aliéné sur celle qui l’a fait incarcérer.

Une détention préventive qui avait duré près d’une année, et qui avait été confirmée en juin 2017 par le Tribunal criminel du Littoral: trois ans et demi de prison ferme, assortis d’un traitement psychiatrique en institution. Mais ce qui semble avoir particulièrement enragé le trentenaire, diagnostiqué comme narcissique et paranoïaque, c’est que les juges aient suivi la procureure Vanessa Guizzetti Piccirilli sur la qualification des faits qui lui sont reprochés, à savoir une tentative de meurtre sur sa compagne Cristina*. Cette dernière avait mis un terme à leur relation peu avant cette sanglante nuit d’été 2016, cinq ans après que le couple a emménagé en Suisse, et neuf ans après leur rencontre en Galice.

La victime avait expliqué avoir d’abord été extraite de son sommeil par Diego, tirée par les cheveux chez une amie portugaise à Cressier (NE), où elle s’était réfugiée depuis quelques jours. Le plâtrier de formation a pour sa part admis avoir fracassé une boule en céramique sur celle qui l’aurait «ruiné» en envoyant plusieurs milliers de francs – pris sur le modeste budget du ménage – à sa famille. Rouée de coups de poing, l’Espagnole avait fini par être serrée à la gorge, jusqu’à l’intervention du mari de la logeuse.

«Ce dont elle a le plus peur, c’est d’un sac plastique sur la tête», a lâché hier le trentenaire au sujet de la procureure, en plein prétoire et en présence de l’intéressée (qu’il tutoie), alors que les trois juges cantonaux s’étaient brièvement retirés pour délibérer. «Avez-vous bien menacé de la découper, de même que votre ex à la machette?» lui a demandé l’avocate de la victime, en lien avec une récente lettre écrite à sa cliente depuis la prison. «Ils ne savent pas traduire…» tentera Diego (dont le risque de récidive a été évalué comme important), avant de voir sa condamnation confirmée par la Cour.

«C’est la première fois en 14 ans de magistrature que je suis confrontée à un cas pareil», nous confie Vanessa Guizzetti Piccirilli. Qui dit réfléchir au bien-fondé d’un dépôt de plainte contre l’aliéné.

* Prénom d'emprunt (Le Matin)

Créé: 16.05.2018, 07h24

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