Dimanche 19 novembre 2017 | Dernière mise à jour 11:14

Justice Grave accident avec plus de 1,2 ‰: sursis

Un automobiliste ivre avait percuté un arbre après avoir roulé de nuit à 110 km/h le long d’une chaussée humide et potentiellement verglacée, près d’Yverdon. La peine sera clémente.

Image: Jean-Guy Python

ROUTE SINUEUSE Le Vaudois de 25 ans avait perdu la maîtrise de sa Renault Clio 2.0 Sport 350 m après la sortie nord du village d’Épendes (VD), à l’approche d’une courbe à droite.

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«Je pense que je m’en veux plus que mon ami ne m’en veut, mais ce n’est pas un sujet qu’on aborde facilement…» Ludovic* (26 ans) porte encore les stigmates du grave accident de la route qu’il a provoqué après avoir manqué un virage le long d’une route cantonale, à moins de 5 km au sud-ouest d’Yverdon (VD). «Je dois porter une attelle pour marcher de longues distances, et j’ai très souvent mal à la jambe: le nerf releveur de mon pied droit ne fonctionne pas. Je pense que ça ne partira jamais…» Également grièvement blessé, son jeune passager (un ami de cinq ans son cadet, qui n’a pas souhaité porter plainte) a dû subir plusieurs interventions chirurgicales en raison de complications au niveau du visage, du dos, des côtes, de la rate et des jambes. «Il commence à remarcher sans cannes mais n’a pas encore repris le travail», a indiqué Ludovic hier matin lors de son procès, en réponse aux questions du premier président du Tribunal de la Broye et du Nord vaudois, Éric Eckert.

La chaussée était humide et la bise soufflait en cette fin de nuit de week-end de novembre 2015, après plusieurs heures de précipitations (pluie-neige). «Il me semble qu’il y avait un peu de verglas; je me souviens en tout cas qu’il faisait -3 degrés», a déclaré cet horloger de formation, qui aspire à une reconversion dans l’humanitaire. Il était près de 6 h du matin (soit 1 h 30 avant l’aube) et les deux potes revenaient d’une soirée arrosée dans la région. «C’était une connerie d’ados, on rigolait avec la voiture», a poursuivi Ludovic, au moment de justifier sa vitesse excessive de 110 km/h (au lieu de 80) le long d’une route cantonale sinueuse, à la sortie nord du village d’Épendes (VD).

Permis retiré trois mois

Circonstance aggravante: le jeune chauffard avait repris le volant malgré un taux d’alcool d’au moins 1,21‰. Et ce alors qu’il était au bénéfice d’un permis de conduire à l’essai depuis un peu plus de neuf mois, synonyme depuis 2014 d’une interdiction de circuler après avoir bu ne serait-ce qu’une goutte d’alcool.

«La voiture est partie en dérapage sur le flanc gauche», a détaillé le conducteur de la Renault Clio 2.0 16V. «J’ai essayé de redresser en donnant un coup de volant quand j’étais dans le talus, mais je n’aurais pas dû…» Car le véhicule sportif a alors fini son embardée contre un arbre, l’un des rares situé le long de ce tronçon de 2,5 km. «Il fallait que vous tombiez dessus», s’est désolé le juge Eckert.

«C’est bête et ça aurait pu être évité assez facilement. C’est une grande erreur de ma vie, mais il faut bien que je continue d’aller de l’avant», a lancé Ludovic à l’heure de plaider sa défense (le Vaudois n’a pas sollicité les services d’un avocat). Dans son acte d’accusation, le procureur suppléant Jean-Pierre Chatton avait requis une peine pécuniaire de 120 jours-amendes à 50 fr. avec sursis, ainsi qu’une amende immédiate de 1000 fr., pour lésions corporelles graves par négligence, conduite en présence d’un taux d’alcool qualifié dans le sang et non-respect de l’interdiction de conduire sous l’influence de l’alcool.

Le verdict du premier président Éric Eckert sera notifié en début de semaine prochaine. «Je peux déjà vous dire que vous aurez le sursis, une amende immédiate, et que la peine pécuniaire ne sera pas plus élevée que celle proposée par le Ministère public», s’est engagé le juge. Ludovic a signifié qu’il ne «pense pas» faire recours contre ce jugement à venir: «Je vois mal ce que je pourrais avancer d’autre pour ma défense.» Au niveau administratif, le Service cantonal des automobiles avait décidé de retirer le permis de conduire de Ludovic pour une durée de trois mois. Si bien que le chauffard a rapidement pu reprendre le volant: «C’est plus du tout pareil qu’avant; je repense souvent à l’accident et ça me fait peur…» (Le Matin)

Créé: 21.04.2017, 06h47


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