Lundi 6 avril 2020 | Dernière mise à jour 19:55

Trafic L'école est devenue un lieu de deal

Des parents d’élèves de l’Ecole de culture générale Henry-Dunant, à Genève, en ont marre de voir leur progéniture alpaguée au quotidien par des vendeurs de drogue.

L’Hospice général fait appel à des agents de sécurité privée pour tenter d’empêcher le contact entre dealers et élèves.

L’Hospice général fait appel à des agents de sécurité privée pour tenter d’empêcher le contact entre dealers et élèves. Image: Christian Bonzon

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«Ma fille de 17 ans se voit proposer par des Blacks quasi chaque jour de l’herbe, de la cocaïne ou de l’héroïne. Et ça, c’est lorsqu’elle sort de l’école. C’est tout bonnement inacceptable!» Ce quadragénaire, comme d’autres parents d’élèves de l’Ecole de culture générale Henry-Dunant, à Genève, en a ras le bol. Les abords de l’établissement scolaire secondaire semblent être devenus une sorte de quartier général du trafic de drogue de la rive droite.

Des enseignants ont aussi tiré la sonnette d’alarme et alerté les autorités. «Des collègues n’osent même plus se rendre au parking souterrain en fin de journée car certains dealers s’y installent pour la nuit», confie l’un d’entre eux. En cause, un centre de requérants d’asile d’une centaine de places situé sous l’établissement scolaire! «Il est totalement inadmissible qu’un tel lieu se trouve ici, tonne un autre parent. Ces gens ne font rien de la journée et se moquent éperdument de la police.»

A l’Hospice général, responsable de l’accueil des réfugiés à Genève, on admet quelques soucis. «Nous avons en permanence deux agents de sécurité privée qui surveillent le centre, explique Bernard Manguin, porte-parole de l’Hospice. Deux autres agents viennent en renfort les après-midi aux abords de l’école.» Le fonctionnaire précise aussi que «l’abri n’est pas une zone de non-droit et que ses occupants viennent principalement du Maghreb». «Mais il est possible que d’autres personnes viennent de l’extérieur», reconnaît-il toutefois. Sur place, hier, on constate que la présence d’uniformes ne change pas grand-chose. Elle permet surtout d’empêcher les dealers de se rendre à l’intérieur de l’établissement scolaire.

Patrouilles de police renforcées

«Pierre Maudet est au courant de cette situation, qu’il examine avec attention, explique Laurent Forestier, porte-parole du Département de la sécurité. Il a d’ailleurs chargé la police de prendre les mesures nécessaires en vue d’améliorer les choses.» Ce que confirme Eric Grandjean, responsable de communication de la police cantonale. «Nous patrouillons plusieurs fois par jour et ne relâchons absolument pas la pression, précise-t-il. Mais je rappelle aussi que certains d’entre eux sont en procédure d’expulsion. Dès lors, ils ne se comportent plus comme des requérants qui espèrent encore obtenir l’asile.» Des personnes qui n’ont ainsi rien à attendre. Et donc rien à perdre.

Créé: 03.11.2012, 09h25

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