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Sexualité L’éducation sexuelle met papa en rogne

?«Je serais très fâché que l’école explique à mon fils qu’il peut tout essayer, homosexualité, pédophilie, zoophilie…».

Image: Keystone

LA QUESTION DU JOUR

Ces cours doivent-ils être remis en cause?

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Evoqué mercredi par lematin.ch, le plaidoyer d’un papa pour la «séparation de l’Etat et de l’éducation sexuelle» fait des vagues. Dans une tribune publiée dans le journal de l’UDF, parti qui place la crainte de Dieu au cœur de ses valeurs, ce Vaudois s’est indigné de l’enseignement trop «technique» donné en décembre à son ado, en classe. Outre des détails sur le bon usage du préservatif, son fils de 14?ans avait appris qu’aux côtés du pénis, l’anus figure parmi les zones les plus sensibles de l’homme. Un enseignement à même de pousser un gosse à s’adonner à des pratiques impures, aux yeux d’Olivier Fleury, chrétien évangélique. «Si mon fils n’est pas toxicomane et qu’on lui dit «l’ecstasy c’est très bien», à l’école, il risque aussi d’expérimenter.»

Et les sentiments?

Il juge qu’au lieu de se focaliser sur la mécanique du sexe, l’école devrait surtout parler de grands sentiments, de morale, en bref du contexte dans lequel les relations intimes devraient avoir lieu. Il demande à pouvoir assister au cours de prévention sida que son autre ado, 12?ans, suivra d’ici deux ans.

Leçon approuvée par l’Etat

«Ce ne sera évidemment pas possible d’accepter cela», réagit un membre de l’établissement concerné. Qui précise que les intervenants, issus du corps enseignant, se sont basés sur un programme de prévention approuvé par l’Etat de Vaud, lors de la leçon. Il poursuit: «Vous savez, nous sommes dans un environnement multiculturel, dans la région. De plus, les églises non-officielles y sont très représentées. Nous devons jongler avec tout cela. Je comprends que certaines sensibilités soient parfois choquées.» Quant à l’évocation de la sensibilité de l’anus, il estime que cela a dû constituer une réponse à la question d’un élève.

«L’école n’a pas d’autres choix que d’être plus concrète, quand elle parle de sexualité», réagit Eva Fernandez, de l’association Ciao, dont le site répond aux questions des ados. «En deux clicks, les jeunes ont accès à des milliers de pornos sur le Net, bonne chance, après, pour leur parler d’abeilles et de petites fleurs. Mais on leur dit aussi que faire l’amour, ce n’est pas comme démonter un vélomoteur, qu’il faut de la confiance réciproque. On ne fait que ça!» La fondation Profa, qui gère l’éducation sexuelle des écoliers vaudois, précise pour sa part que le coup de gueule publié dans «Impulsion», le journal de l’UDF, s’inscrit dans une campagne de pression de la droite chrétienne contre la «sexualisation de l’école». Une pétition dans ce sens a d’ailleurs fait grand bruit ces derniers mois en Suisse Alémanique.

Au cœur d’un débat très vif sur le Net, Olivier Fleury précise qu’il ne veut pas «faire une croisade». «J’ai juste posé des questions en tant que père, soucieux de l’avenir de son enfant.»

(Le Matin)

Créé: 16.02.2012, 22h47

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