Mardi 18 juin 2019 | Dernière mise à jour 18:59

France La mère du ravisseur de Chloé Rodriguez parle

Bouleversée, la mère du kidnappeur de Chloé Rodriguez, l’adolescente enlevée le 9 novembre dernier, puis retrouvée dans le coffre d’une voiture en Allemagne, témoigne dans les colonnes du «Parisien». «J’ai honte de ce qu’il a fait», confie-t-elle.

Chloé a été retrouvée vivante dans le coffre de son kidnappeur.

Chloé a été retrouvée vivante dans le coffre de son kidnappeur. Image: AFP

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Le désarroi a fait place à la colère. Sadia Fahem, ménagère de 52 ans jure que dès que «son fils sera de retour en France », elle ira «le voir derrière les barreaux. Il me doit des explications», a-t-elle déclaré au Parisien.

Elle y explique avoir vu «son fils perdu» pour la dernière fois le 3 octobre dernier sur un marché de Roquemaure, dans le Gard. «Il est venu me voir alors que je faisais mes courses et m’a juré qu’il ne ferait plus de bêtises. C’était une surprise. Je ne savais pas qu’il était déjà sorti.» Condamné à 5 ans de prison en 2009 par le tribunal correctionnel de Nîmes pour vols, cambriolages et une série d’agressions sexuelles, Kamel B. a été relâché trois ans plus tard, le 14 septembre dernier.

En 2009, sa mère n’avait pas assisté au procès. Pendant la détention, elle lui avait «envoyé mandats et colis » pour améliorer son quotidien. S’il demandait pardon à sa mère dans des lettres pour les vols et cambriolages, il ne lui aurait jamais parlé des agressions sexuelles.

«J’ai honte, vraiment honte de ce qu’il a fait. Ma vie est détruite. Il a aussi détruit celle de ses trois sœurs, qui elles, ont toutes réussi leur vie et leurs études», affirme la quinquagénaire. Kamel B. semblait être le mouton noir de la famille. Entre les années d’école buissonnière, les mauvaises fréquentations, Kamel B. avait eu la chance d’être pris en main durant trois ans par un éducateur. «Il avait débuté un apprentissage en plomberie, mais il a abandonné à ses 18 ans.» Et d’enchaîner: « Il n’a jamais été abandonné par sa famille. C’est lui qui a fui. Il a mal tourné et pourtant j’ai tenté de lui inculquer les valeurs de travail et d’honnêteté.»

Pour Sadia, son fils est marqué par le caractère violent de son père, duquel elle a divorcé en 2004 après vingt-huit ans de mariage. «J’ai vécu un enfer. J’ai dû choisir entre rester avec lui et risquer de mourir ou me sauver, ce que j’ai fini par faire», rapporte-t-elle au quotidien français. Pour «retrouver un peu de paix», Saida dit «vouloir bien l’aider» à condition «qu’il veuille bien faire un effort de son côté cette fois pour s’en sortir». (Le Matin)

Créé: 20.11.2012, 13h00