Samedi 25 novembre 2017 | Dernière mise à jour 11:57

Témoignage «Le choc a peut-être été volontaire»

Le procès du chauffard qui avait renversé 7 membres d’une même famille dans le village de Charmey (FR) - tuant l’un d’eux - s’ouvre aujourd’hui à Bulle. Le rescapé Gilles Jaquet se livre.

Le Neuchâtelois (ci-contre) et sa famille avaient été grièvement blessés par une voiture folle, le 25 octobre 2015.

Le Neuchâtelois (ci-contre) et sa famille avaient été grièvement blessés par une voiture folle, le 25 octobre 2015. Image: Christian Bonzon

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A première vue, rien n’indique que l’actuel chef du Service neuchâtelois des sports est l’une des sept victimes de l’accident mortel de Charmey (FR). Un véritable carnage, causé par une voiture folle, un dimanche matin d’octobre 2015, face à l’église du village gruérien. En y regardant de plus près, de légères cicatrices sont encore visibles sur le front de Gilles Jaquet (43 ans), ex-snowboarder de haut niveau. «Il a aussi fallu me changer les deux dents de devant, et je ne peux plus faire de la course à pied comme avant; mes genoux se font vite sentir», témoigne celui qui a passé plus d’une semaine à l’Hôpital de Fribourg, en raison d’un traumatisme crânien et d’une cervicale fissurée.

Possible crise d’épilepsie

L’un de ses deux frères aînés – en chaise roulante au moment de l’accident – avait été héliporté au CHUV, la jambe gauche brisée et la clavicule fracturée. Leur nièce de 10 ans avait également été hospitalisée: commotion cérébrale et deux orteils du pied gauche fracturés. Les trois autres membres de cette famille fauchés par la Subaru Forester (la mère de Gilles Jaquet, l’épouse de ce dernier et l’une des sœurs de la fillette) s’en étaient heureusement sortis avec de simples entorses et/ou des hématomes. Contrairement au beau-père du Neuchâtelois: tué sur le coup, à 71 ans.

«Nos deux fils (alors âgés de 3 et 4 ans) ont été tout autant choqués, ayant assisté à la scène depuis leur siège», reprend l’ancien sportif. «Ça a été tout un travail psychologique pour essayer de minimiser l’impact de ces images, et surtout de mettre des mots dessus. Ils sont devenus sensibles au bruit: une assiette qui se casse les fait sursauter…» Des séquelles psychiques qui n’ont pas épargné le couple: «Nous avons développé une peur, une anxiété, là où on avait tendance à relativiser, comme lorsque nos enfants traversent la route.»

Ce matin, tous deux seront à Bulle pour assister au procès de François*, le chauffard épileptique à la Subaru, aujourd’hui âgé de 60 ans, toujours domicilié Charmey. «Je me demande si ce monsieur a vraiment fait une crise d’épilepsie au moment de nous percuter, lâche Gilles Jaquet. Il n’en avait en tout cas pas les symptômes…» La famille gardera cette vision de François «téléphonant tout en fumant une cigarette», alors que les secouristes tentaient une réanimation du beau-père.

Réentendu par la police au lendemain des faits, le chauffard avait déclaré n’avoir aucun souvenir de l’accident, si ce n’est d’avoir ressenti des palpitations cardiaques dans les secondes précédant son trou de mémoire. «Il a précisé que ces palpitations n’étaient pas un signe annonciateur d’une crise d’épilepsie, dont il souffre depuis plusieurs années», indique le procureur Laurent Moschini. Seule certitude: au moment fatidique, François a subi une accélération de son rythme cardiaque, susceptible d’entraîner un malaise ou de déclencher une crise d’épilepsie.

Avec le recul, Gilles Jaquet dit «ne pas exclure» la thèse du geste volontaire. Parmi d’autres. «Je ne l’espère pas, mais je suis en droit de me poser la question.» Pour accréditer ce scénario, il révèle que le conducteur de la Subaru avait d’abord eu un «contentieux» de parcage avec lui, devant l’hôtel que la famille neuchâteloise venait de quitter. Une dizaine de minutes avant le drame.

«Mes deux fils jouaient sur une case de stationnement inoccupée, à côté de notre voiture, quand j’ai vu un 4x4 freiner au dernier moment en s’engageant dans la place de parking», se souvient-il. «Je l’ai regardé d’un air grave. Il s’est finalement garé sur cette case. Et de reprendre la route après avoir bu un soda, alors qu’on se disait tous au revoir un peu plus loin.» Un premier accrochage que conteste l’avocat du chauffard.

*Prénom d'emprunt (Le Matin)

Créé: 14.11.2017, 08h44


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