Samedi 25 mai 2019 | Dernière mise à jour 16:53

Abus Le prof valaisan faisait-il aussi des dégustations sexuelles?

Un enseignant de Sierre a épié ses élèves nues dans les vestiaires. S'il admet le voyeurisme, il nie en avoir abusé en leur faisant goûter des fruits à l'aveugle pour obtenir des fellations.

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Des expériences sur le thème de l'éveil au sens. C'est ce que Bruno* a proposé à ses jeunes élèves du Centre scolaire de Beaulieu à Sierre, entre août 2011 et novembre 2013. La première d'entre elles consistait à prendre une douche ou se changer, à l'aveugle, après un cours de gymnastique. Les fillettes volontaires, seules ou à plusieurs, devaient se dévêtir. Une fois nues, elles mettaient une veste ou un linge autour d'elle. L'instituteur entrait et leur couvrait les yeux avec un bandeau ou avec un casque dont la visière était obturée par du ruban adhésif noir.

Autorité et crédulité

Profitant de son autorité d'enseignant et, partant, de la crédulité des écolières – âgées de 8 à 13 ans au moment des faits –, l'accusé prétendait qu'il sortait des vestiaires pendant qu'elles se lavaient et se rhabillaient. Au lieu de cela, il y demeurait et observait les fillettes et les préadolescentes qui se croyaient entre elles. À deux reprises au moins, lors de ces «exercices», l'une ou l'autre s'étant aperçue que leur professeur ne quittait pas les lieux ou apeurée par les bruits qu'elle entendait, a gardé ses sous-vêtements ou son linge.

Voyeur ou abuseur?

Pour satisfaire ses pulsions perverses, Bruno a répété son stratagème deux années scolaires de suite avec des volées de 5ème. Il a reconnu avoir eu des érections en espionnant ses proies à leur insu et s'être ensuite déplacé dans un local réservé au corps enseignant pour se masturber. Sept familles ont porté plainte contre l'ex-instituteur de leurs enfants. Le Valaisan de 48 ans admet ses penchants de voyeur. En revanche, le prévenu conteste les allégations encore plus graves, retenues dans l'acte d'accusation du Ministère public: les actes d'ordre sexuel.

Ateliers sensoriels

Au prétexte d'ateliers sensoriels, l'homme aurait aussi proposé à plusieurs élèves de participer individuellement à une dégustation de fruits, toujours à l'aveugle. Cette expérience-là se passait dans une salle d'appui de l'école, dans la pénombre, les stores étant toujours baissés et la porte fermée à clé, précise l'ordonnance de renvoi. L'enfant devait s'asseoir à califourchon sur une chaise, le buste face au dossier, les mains dans le dos. Après avoir apposé un bandeau sur leurs yeux, il lui présentait un fruit à lécher ou à sucer. Si la fillette ne reconnaissait pas le fruit, il le lui mettait dans la bouche pour qu'elle le mâche.

Du raisin chaud

Certaines plaignantes ont raconté des récits sidérants aux enquêteurs. Selon l'une d'elles, Bruno a mis son sexe dans sa bouche, lui a demandé si elle savait de quel fruit il s'agissait. La gamine de 10 ans répondant par la négative, il lui aurait asséné que «ça ferait un point de moins». Une autre, qui avait relevé son bandeau, aurait échappé au pire en criant qu'elle voyait son pénis. D'autres affirment qu'elles ont dû le toucher avec leurs mains avant de le prendre en bouche et que l'accusé leur avait dit qu'il s'agissait d'un raisin mouillé à l'eau chaude.

Huis clos ordonné

Le procès de l'ancien enseignant devrait enfin s'ouvrir ce lundi 20 mai à 08h30 après avoir été ajourné le 18 février. Le prévenu était malade. Le Tribunal d'arrondissement de Sierre siégera extra-muros, au Tribunal cantonal à Sion. Compte tenu de l'extrême sensibilité de l'affaire et eu égard aux sept victimes, âgées aujourd'hui entre 16 et 18 ans, le huis clos a été ordonné par la Cour. Seuls, les médias accrédités pourront assister à cette audience très attendue par les plaignantes.

Il risque la prison

Le Valaisan comparaît pour actes d'ordre sexuel avec des enfants et actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance. Si ces infractions devaient être retenues, l'homme pourrait écoper dans l'absolu, respectivement d'une peine maximale de 5 ans ou 10 ans de prison. Contacté, son défenseur Me Olivier Couchepin ne s'exprime pas: «Je ne suis pas libéré du secret professionnel.»

evelyne.emeri@lematin.ch

*Prénom d'emprunt

(Le Matin)

Créé: 16.05.2019, 06h45

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