Lundi 24 septembre 2018 | Dernière mise à jour 16:40

Vaud Leur histoire d'amour finit devant la justice

Deux ex-amants vont comparaître demain à Nyon (VD) pour diffamation l’un envers l’autre. Des propos calomnieux tenus en 2015 devant leur employeuse d’alors: la princesse Alix Napoléon Bonaparte.

Luc Girod a travaillé durant huit ans au service de l’aristocrate de Prangins (VD), aujourd’hui âgée de 91 ans.

Luc Girod a travaillé durant huit ans au service de l’aristocrate de Prangins (VD), aujourd’hui âgée de 91 ans. Image: Maxime Schmid

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L’histoire avait tout du conte de fées pour Luc Girod (49 ans) et Sabine*, de trois ans sa cadette. En 2007, lui n’était qu’un modeste mécanicien agricole, chasseur à ses heures, chargé de réparer des tondeuses à gazon de la Côte vaudoise. «Dont celle de la princesse Alix Napoléon Bonaparte», se souvient le quadragénaire haut-savoyard, avec une amère nostalgie…

La princesse. Fille de nobles, née à Marseille en 1926, la discrète aristocrate fut l’épouse du prince Louis (arrière-petit neveu de l’empereur, petit-fils du roi belge Léopold II et… ex-étudiant à l’Université de Lausanne puis légionnaire) jusqu’à sa mort en 1997. Parallèlement à leur appartement parisien et leur demeure du sud de la France, le couple avait élu domicile dès les années 1950 à Prangins (commune vaudoise à côté de Nyon), en reprenant le domaine de Promenthoux (30 hectares pour 1,2 km d’accès aux rives du Léman). Une parcelle propriété des Bonaparte depuis 1872, jouxtant le golf de Gland, dit du «Domaine impérial» (bien que cédé par la dynastie dès la chute du Second Empire). Alix Napoléon, qui soufflera ses 92 bougies dans deux mois, y vit toujours.

L’homme à tout faire

«Un jour, elle cherchait du personnel, je me suis présenté, et j’ai été engagé!» reprend Luc Girod. «C’était un supertravail, je faisais un peu de tout, aussi bien chauffeur – notamment pour des vernissages jusqu’à Grenoble – que l’entretien de la propriété. J’habitais sur place, dans la villa du jardinier, et je m’entendais très bien avec la princesse.» Quelques années plus tard, ce père de famille divorcé parvient à faire engager Sabine (qui n’est alors qu’une simple connaissance) comme femme de ménage. «À notre rupture, après deux ans de relation, elle a rencontré quelqu’un travaillant dans l’entretien des espaces verts. Comme il convoitait ma place, elle a tout fait pour me faire quitter mon poste.»

Également Française, originaire du Jura, la quadragénaire a d’abord dénoncé son ex aux autorités cantonales pour avoir incinéré des carcasses de hérons tués par des rapaces ou de lièvres retrouvés par l’agriculteur fauchant le terrain, sans l’annoncer au garde-faune. Ou encore: avoir achevé au couteau suisse un vieux chevreuil agonisant sans autorisation, ou détenu sa dizaine de carabines (dûment déclarées) sur le domaine alors qu’il s’agit d’une réserve de faune. Mais aussi d’avoir brûlé des gobelets en plastique laissés par des intrus squattant la plage de la propriété aux beaux jours… conformément aux indications de la princesse.

Viols présumés sur deux femmes

À la mi-mai 2015, le canton communique les infractions présumées au ministère public. Cinq jours plus tard, Sabine rapporte à leur employeuse octogénaire que Luc Girod serait poursuivi pour des viols commis sur sa propriété plusieurs années auparavant à l’encontre de deux autres domestiques. Seulement voilà: les victimes présumées n’ont porté plainte qu’après cette discussion avec l’aristocrate. «L’affaire est sur le point d’être classée», révèle l’avocate du Haut-Savoyard, Me Véronique Fontana. Trop tard: dans le doute, la princesse Napoléon Bonaparte avait licencié avec effet immédiat son homme à tout faire. «En plus d’avoir perdu mon travail et mon logement, je vis mal cette procédure judiciaire qui s’éternise, c’est très pesant», réagit l’accusé.

Comme l’intéressé avait adressé à la princesse un courrier en juin 2015 dans lequel il dénigrait à son tour son ex, Luc Girod comme Sabine comparaîtront tous deux pour diffamation devant le Tribunal de Nyon, demain matin.

*Prénom d'emprunt (Le Matin)

Créé: 01.03.2018, 07h23

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