Vendredi 20 avril 2018 | Dernière mise à jour 17:49

Justice Parents cogneurs: la mère est libre

Frappée pour avoir refusé un fiancé au Kosovo, Liana* a envoyé ses bourreaux en prison. Son père, restaurateur dans la station vaudoise de Villars-sur-Ollon, reste détenu.

Mi-janvier, le père, qui gère le Sporting, et son épouse sont incarcérés à la suite de la dénonciation de leur fille. Ils la brutalisaient pour la contraindre à quitter son petit ami.

Mi-janvier, le père, qui gère le Sporting, et son épouse sont incarcérés à la suite de la dénonciation de leur fille. Ils la brutalisaient pour la contraindre à quitter son petit ami. Image: Maxime Schmid/Facebook

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Lésions corporelles simples qualifiées, séquestration, contrainte, menaces, voies de fait, injure, violation du devoir d’assistance ou d’éducation et infraction à la loi fédérale sur les armes (uniquement pour le père). Voici les lourdes charges qui pèsent sur le couple d’origine kosovare, installé sur le plateau de Villars. Les deux prévenus sont accusés d’avoir molesté leur fille de 17 ans et de l’avoir maltraitée psychologiquement («Le Matin» du 30 janvier).

Le père est un des deux associés gérant du Restaurant Le Sporting. Son épouse est responsable d’un pressing dans la station. Elle est issue d’une importante famille d’ex-Yougoslavie, implantée dans la station des Alpes vaudoises depuis de longues années, gérant plusieurs établissements publics, également à Gryon et sur la Riviera. Une famille qui travaille dur, qui réussit, qui construit beau et qui roule premium.

Fouettée jusqu’à s’évanouir

En matière de mariage toutefois, les pratiques restent clairement moyenâgeuses. L’été dernier, ils forcent Liana* à accepter un promis au pays lors de la fastueuse fête organisée à Pristina pour les fiançailles de son frère. Sous pression, la très jeune femme n’a pas d’autre choix pour espérer rentrer à Villars. Et retrouver celui qu’elle aime vraiment, en cachette: un Serbe qui vit en plaine. Soucieuse de ne pas faire de vagues, elle subit en silence. Jusqu’au jour où ses parents apprennent qu’elle est amoureuse de cet autre jeune homme.

La maltraitance monte de plusieurs crans. Liana reçoit des gifles. Elle est insultée, menacée, y compris sur son lieu de travail. Son père et sa mère exigent qu’elle quitte son petit ami. Elle refuse. Ses parents la frappent, parfois lourdement, la fouettent avec des branchages jusqu’à l’évanouissement, la tirent par les cheveux. Ils contrôlent le contenu de son smartphone, le lui confisquent. Elle est suivie à ses cours professionnels – elle est apprentie coiffeuse –, traquée dans ses faits et gestes, retenue captive. Elle est même conduite devant l’Hôpital psychiatrique de Malévoz (Monthey/VS). Si elle n’obéit pas, elle sera internée. Son amoureux et ses parents, eux aussi, sont intimidés. Ce chantage physique, affectif et psychique, Liana n’en peut plus. Mi-janvier, à quelques jours de sa majorité, elle porte plainte, soutenue par ses collègues et son patron.

Interdiction d’approcher sa fille

Ses parents sont placés en détention préventive. Si le père reste détenu, la mère a été libérée jeudi dernier, ce que nous confirme son avocat, Me Jacques Barillon. Chargé de cette instruction sensible, le procureur Olivier Jotterand a accepté les mesures de substitution proposées par la défense et entérinées par le Tribunal des mesures de contrainte. La maman de Liana, qui «a eu une réelle prise de conscience» nous précise Me Barillon, a l’interdiction d’avoir des relations personnelles avec sa fille. Elle ne peut pas approcher à moins de 100 m du domicile de son petit ami, ni de ses collègues de travail, ni du salon de coiffure où elle exerce. L’avocate de la plaignante ne s’est pas opposée à cette remise en liberté sous stricte condition. (Le Matin)

Créé: 17.04.2018, 06h39


Sondage

Remplacer nos politiciens par des citoyens tirés au sort. Une bonne idée, selon vous?



S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.