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Procès Lionnet L'accusé plus que jamais convaincu d'un complot

L'homme suspecté d'avoir tué la jeune fille au pair à Londres en 2017 soutient qu'elle conspirait contre sa famille.

L'émotion était vive pour Catherine Devallonne, la mère de Sophie Lionnet.

L'émotion était vive pour Catherine Devallonne, la mère de Sophie Lionnet. Image: AFP

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Ouissem Medouni, accusé aux côtés de sa compagne Sabrina Kouider d'avoir tué leur jeune fille au pair, Sophie Lionnet, s'est dit convaincu, mercredi au cours du procès à Londres, que la jeune fille participait à un complot contre la famille.

Les deux Français ont tenté de faire avouer à leur jeune fille au pair sa prétendue complicité avec Mark Walton, le père d'un des deux fils de Sabrina Kouider et membre fondateur du boys band Boyzone. Selon eux, Sophie Lionnet l'a laissé entrer dans la maison pour qu'il abuse sexuellement des membres de la famille, qu'elle avait préalablement drogués.

«Je crois aujourd'hui encore plus qu'avant que Mark Walton est venu chez nous», a affirmé Ouissem Medouni, en costume cravate sombre, devant la cour criminelle de Londres.

Selon cet homme de 40 ans, Mark Walton «a contacté Sophie via Facebook». Il se serait ensuite rendu de Californie, où il vit, à Londres, voyageant sous une fausse identité. Au procureur qui lui demandait s'il avait remis en question les accusations de complot soutenues par sa compagne, Ouissem Medouni a répondu avoir «toujours eu un petit doute parce que l'histoire est incroyable mais de telles choses se produisent».

Le duo se livrait à des interrogatoires musclés. Selon Ouissem Medouni, c'est à la suite d'un de ces interrogatoires que sa compagne avait poursuivi sans lui, que Sophie Lionnet est morte, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2017. Son cadavre carbonisé avait été retrouvé par les pompiers le 20 septembre dans le jardin du couple.

«Menace»

Ouissem Medouni a affirmé avoir seulement cherché à connaître la «vérité», assurant qu'il aurait laissé partir la jeune fille si elle lui avait clamé son innocence. Mais le procureur, Richard Horwell, lui a remis en mémoire des extraits de ces interrogatoires que le couple enregistrait.

«J'ai plus de respect pour un assassin que pour toi», lançait-il à la jeune fille de 21 ans, tandis que sa compagne la menaçait de passer le restant de ses jours à «être violée en prison».

«C'est horrible de dire ça», commente Ouissem Medouni. «J'étais en colère». Le duo accusait la jeune femme, timide et fluette, d'avoir «introduit le diable dans la maison» et d'avoir «aidé un pédophile». «Vous pensez que vous aviez perdu le contact avec la réalité ?», lui demande le procureur. «Non», répond l'accusé.

«Comment Mark Walton et son complice auraient-ils pu entrer dans la maison sans être détectés ?», lui demande le procureur, soulignant que la maison était dotée de caméras de surveillance. Sophie «baissait les caméras», répond Ouissem Medouni.

«Il l'appelait et elle laissait la porte ouverte», selon lui. Persuadé que la jeune fille au pair versait de la drogue dans leurs boissons, il a raconté qu'un jour Sophie Lionnet lui avait donné un verre de soda et «regardait si je le buvais ou pas». «J'ai trouvé ça bizarre». D'autres matins, il se réveillait avec des courbatures, raconte-t-il.

Battue au câble électrique

Ces «croyances» pour l'accusation -la «vérité» pour Ouissem Medouni-, sont au coeur du meurtre de la jeune fille, selon le procureur. Il a cherché à démontrer que Ouissem Medouni avait pris un rôle de plus en plus important dans les interrogatoires, ce dont s'est défendu l'accusé, tout en reconnaissant n'avoir «pas protégé assez» la jeune fille.

Quelques jours avant le drame, Sabrina Kouider avait battu Sophie Lionnet avec un câble électrique, au point qu'elle «ne pouvait plus marcher correctement», a raconté Ouissem Medouni.

Il a assuré avoir dit à sa compagne d'arrêter mais n'a pas contacté les secours : «je ne voulais que quelqu'un la voie dans cet état». Il soutient qu'il voulait «prendre soin d'elle pendant quelques jours», le temps qu'elle se rétablisse, puis aller à la police pour dénoncer le complot présumé.

Mais les interrogatoires ont continué, et ce malgré le piètre état de la jeune fille. «Y avez-vous mis fin ?» «Non !», avoue Ouissem Medouni, entendu depuis plus d'une semaine. Sabrina Kouider devrait à son tour être interrogée, à partir de jeudi. (afp/nxp)

Créé: 25.04.2018, 19h40

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