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Procès Lionnet L'accusée retrace une vie chaotique

La femme suspectée d'avoir tué avec son compagnon sa fille au pair en 2017 a témoigné vendredi devant la cour criminelle de l'Old Bailey.

Image: Archives/Photo d'illustration/AFP

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Sabrina Kouider, accusée aux côtés de son compagnon Ouissem Medouni d'avoir tué leur jeune fille au pair, a affirmé avoir été frappée par son compagnon et agressée sexuellement par un oncle, retraçant une vie chaotique lors du procès du couple à Londres.

Cheveux longs frisés et cernes sous les yeux, Sabrina Kouider, 35 ans, a dépeint Ouissem Medouni, 40 ans, comme un homme infidèle et violent, qui lui accordait peu d'attention. «Il était avec moi pour le sexe, rien d'autre, et l'argent».

Ce couple de Français est accusé d'avoir tué Sophie Lionnet, une jeune fille de 21 ans originaire de Troyes (sud-est de Paris), dont le corps carbonisé avait été retrouvé dans le jardin de leur logement du sud-ouest de Londres le 20 septembre 2017.

Mme Kouider est née en Algérie, où elle a grandi auprès de sa grand-mère et d'une tante, avant de rejoindre ses parents en France. En Algérie, «mon oncle a abusé sexuellement de moi», a-t-elle raconté à la cour criminelle de l'Old Bailey, expliquant avoir tu cette agression.

Arrivée en France enfant, elle s'adapte avec difficulté à sa nouvelle vie, laissant sa grand-mère derrière elle. A 18 ans, elle absorbe une grosse quantité de somnifères. «Je n'étais pas bien, je pensais à ce qui s'était passé avec mon oncle», a-t-elle raconté. «La tête qui tourne», elle se blesse gravement en tombant d'un balcon.

Elle a aussi confié à l'audience qu'elle fumait du cannabis «de temps en temps, pour des raisons médicales». Semblant épuisée, parlant d'une voix éteinte, elle a livré un récit de sa relation avec Ouissem Medouni, qu'elle appelle «Sam», totalement différent de celui qu'il en avait fait.

Le couple s'est rencontré à une fête foraine en France en 2001, avant d'entamer une relation émaillée de ruptures, pendant laquelle Sabrina Kouider a eu deux enfants avec deux autres hommes. A l'audience vendredi, elle a accusé Ouissem Medouni d'infidélités. «Il essayait toujours de nier. Il me disait toujours: Je ne suis pas Brad Pitt».

Manipulatrice

Sabrina Kouider a expliqué être tombée enceinte de son premier enfant après «s'être saoulée» et s'être réveillée aux côtés d'un de ses amis, Anthony François. Dans une déclaration faite à la police, lue à l'audience vendredi, celui-ci a au contraire affirmé que Sabrina et lui avaient eu une relation pendant six mois. Il a dépeint une femme à la «double personnalité»: «elle pouvait être adorable comme elle pouvait être détestable. Elle criait souvent et devenait agressive. Son attitude était incompréhensible». Elle pouvait s'énerver «à cause d'un regard, d'une bêtise».

Pour ce manutentionnaire qui vit en région parisienne, Sabrina Kouider est une «manipulatrice», capable de «charmer» et de «mentir». Elle s'en prend aux «plus faibles», selon lui. Ouissem Medouni est lui «froid» et «distant», selon Anthony François. Elle était «certainement amoureuse de Medouni» mais elle se plaignait qu'il la brutalisait, a-t-il raconté aux enquêteurs.

En 2004, Sabrina Kouider s'installe à Londres, où elle exerce différents emplois: nounou, puis employée à la poste, vendeuse de crêpes avant de se lancer dans la mode. En 2011, elle rencontre, dans une banque, Mark Walton, fondateur du boys band irlandais Boyzone, avec qui elle a eu son second enfant. Celui-ci avait raconté à l'audience être tombé fou amoureux, mais avoir vécu une relation «tumultueuse» avec Sabrina Kouider, qui pouvait «devenir folle» et «agressive».

Pour l'accusation, Sabrina Kouider, puis Ouissem Medouni avec elle, ont développé une obsession pour Mark Walton. Ils accusaient Sophie Lionnet de les droguer et de laisser entrer Mark Walton dans la maison pour qu'il abuse sexuellement des membres du foyer.

Ils se livraient à des interrogatoires musclés de la jeune fille. Selon Ouissem Medouni, Sophie Lionnet est morte à la suite d'un interrogatoire que sa compagne aurait poursuivi sans lui dans la nuit du 18 au 19 septembre 2017. Parti se coucher, il aurait été réveillé par Sabrina Kouider, qui lui aurait montré la victime inanimée dans la salle de bains, tout en répétant «Qu'est-ce que j'ai fait?». (afp/nxp)

Créé: 27.04.2018, 17h12

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