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France Affaire Naomi: l'opératrice «lynchée sur la place publique»

L'opératrice du Samu qui a pris à la légère l'appel de Naomi Musenga, morte quelques heures plus tard, est sortie du silence, dénonçant «des conditions de travail pénibles».

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«On est sous pression en permanence. On travaille en douze heures d’affilée. C'est des conditions de travail qui sont pénibles», a expliqué l'opératrice au téléphone avec une journaliste de l'émission «66 minutes» mise en ligne lundi sur le site de la chaîne M6.

«Je peux rester deux ou trois heures accrochée à mon téléphone, parce que je n'ai pas le temps de me lever tellement ça déborde de partout», a détaillé l'agent, qui a été suspendue à titre conservatoire par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) après la diffusion de l'enregistrement de sa conversation avec Naomi Musenga.

La jeune femme, âgée de 22 ans, était décédée fin décembre, victime d'un infarctus, quelques heures après avoir appelé le Samu en raison d'intenses maux de ventre. L'opératrice, sur un ton moqueur, l'avait alors invitée à contacter SOS Médecins. «Oui vous allez mourir, certainement un jour comme tout le monde», avait notamment rétorqué l'opératrice à la jeune femme, qui semblait à bout de souffle.

Quand la journaliste lui demande si elle regrette cette phrase, la femme répond, hésitante: «Dans les conditions que… On va dire qu'elle est malvenue». «Quand on passe en procédure dégradée parce qu'il y a plus d'appels que de monde censé les gérer, on n'y arrive pas. On raccroche et on décroche», a relevé l'opératrice dont on n'entend que la voix. «Ca suffit de porter toujours le chapeau pour le système!», a-t-elle estimé.

Des enquêtes administrative et judiciaire ont été ouvertes par les HUS et le parquet de Strasbourg. L'Inspection générale des affaires sociales a été saisie. La famille de la victime a quant à elle déposé plainte pour «non-assistance à personne en danger» et «mise en danger de la vie d'autrui», contre les HUS et contre X.

Dans un communiqué, la CGT des HUS «espère que tout le monde prendra ses responsabilités, pas uniquement un agent» et dénonce «les conditions de travail qui ne cessent de se détériorer de plus en plus dans l'ensemble des HUS».

L'opératrice, en poste au Samu depuis quatre ans, a dit être «lynchée sur la place publique». «Je pense que si les gens connaissaient mon visage et mon nom, je ne serais peut-être plus de ce monde aujourd'hui», a-t-elle souligné. Plusieurs plaintes ont été déposées par des agents du Samu du Bas-Rhin pour des menaces.

Une marche blanche sera organisée en mémoire de Naomi Musenga mercredi à 17H30 à Strasbourg. Un rassemblement est prévu à la même heure à Paris, place de l'Opéra. (afp/Le Matin)

Créé: 14.05.2018, 18h53


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