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Chirurgie Afrique du Sud: première greffe «réussie» d'un pénis

Un patient sud-africain, amputé de son pénis il y a trois ans après une grave infection, a recouvré toutes les fonctions urinaires et reproductives de son organe grâce à la greffe.

Ci-dessus, deux professeurs en urologie de l'université de Stellenbosch, qui ont supervisé l'opération. Rafique Moosa (à droite) et Andre van der Merwe, à gauche.

Ci-dessus, deux professeurs en urologie de l'université de Stellenbosch, qui ont supervisé l'opération. Rafique Moosa (à droite) et Andre van der Merwe, à gauche. Image: AFP

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Une équipe de médecins sud-africains a annoncé vendredi 13 mars avoir réussi pour la première fois la greffe d'un pénis, trois mois après l'opération. Le patient sud-africain de 21 ans a recouvré toutes les fonctions urinaires et reproductives de son organe, a précisé un professeur.

«J'ai le privilège d'avoir participé à cette première greffe réussie au monde», a déclaré le professeur Frank Graewe, chef du département de chirurgie reconstructive à l'Université de Stellenbosch.

Une autre greffe de pénis avait déjà été pratiquée en Chine en 2006. Malgré la réussite chirurgicale de l'opération, l'organe avait dû être retiré en raison de problèmes psychologiques rencontrés par le patient et son épouse.

Le patient sud-africain avait lui été amputé de son pénis il y a trois ans, après une infection consécutive à une circoncision effectuée lors d'un rituel de passage à l'âge adulte qui avait mal tourné.

Opération de neuf heures

Le jeune homme a été opéré à l'hôpital Tygerberg du Cap durant neuf heures, le 11 décembre. Le pénis avait été prélevé sur un donneur décédé.

«Nous avons prouvé que c'était possible. Nous pouvons donner à quelqu'un un organe aussi bon que celui qu'il avait», a déclaré le professeur Graewe dans son communiqué.

Les médecins estiment que la transplantation pourrait être étendue aux hommes dont le pénis a dû être amputé après un cancer et, en dernier recours, à ceux qui souffrent de dysfonction érectile grave.

Pratique courante

Cette opération aura un écho très particulier en Afrique du Sud, où ce type d'accident lors de cérémonies initiatiques est assez fréquent.

La circoncision traditionnelle, par ablation à vif du prépuce, a généralement lieu à la fin de l'adolescence dans plusieurs cultures sud-africaines, à l'issue d'une période initiatique au cœur de la brousse. C'est notamment le cas des Xhosa, l'ethnie dont était issu Nelson Mandela.«Une épreuve de courage de stoïcisme», a raconté le défunt président sud-africain dans ses mémoires.

Chaque année, le pays déplore un certain nombre de morts ou de mutilés. Entre 2008 et 2013, 486 jeunes gens sont décédés à la suite de ces rituels de passage à l'âge adulte, le plus souvent à cause d'infections ou de gangrènes consécutives à la circoncision. Certains survivent, mais sont mutilés à vie.

Cas de suicides

«Il y a un besoin plus grand de ce type d'opération en Afrique du Sud que n'importe où ailleurs dans le monde», a admis le professeur Andre van der Merwe, membre de l'équipe chirurgicale et chef du département urologie à Stellenbosch.

«Notre but était qu'il redevienne totalement fonctionnel après deux ans, et nous sommes très surpris de cette reprise rapide», a-t-il expliqué à propos de son patient.

«Pour un jeune homme de 18 ou 19 ans, la perte de son pénis peut être un traumatisme profond», a souligné le professeur. A cet âge-là, la victime «n'a pas forcément la capacité psychologique de gérer cet accident. On a rapporté des suicides parmi ces jeunes hommes».

Remerciements au donneur

Devant la presse, le professeur van der Merwe a déclaré que les «héros» de cette histoire étaient le donneur et sa famille. «Ils ont sauvé plusieurs vies, car ils ont donné le cœur, les poumons, les reins, le foie, de la peau, la cornée et le pénis», a-t-il expliqué.

Les chirurgiens de l'Université de Stellenbosh avaient cherché longtemps un donneur compatible, dans le cadre d'un projet pilote pour développer les greffes de pénis. L'équipe projette désormais de procéder à neuf autres transplantations.

L'Afrique du Sud est historiquement un pays pionnier de la chirurgie des greffes. La première transplantation cardiaque de l'histoire avait été réalisée au Cap en 1967 par le professeur Chris Barnard.

Certaines des techniques utilisées pour cette greffe de pénis ont cependant été adaptées de techniques utilisées en France en 2005 pour la première greffe de visage, a dévoilé l'équipe de Stellenbosch. (ats/nxp)

Créé: 13.03.2015, 19h41

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