Dimanche 15 décembre 2019 | Dernière mise à jour 17:30

Choc Agressé à Bienne: «J’ai vraiment cru mourir en sortant du bus»

Un immigré africain a été frappé à cause de sa couleur de peau. Son agresseur a été arrêté, mais trois mois plus tard, la douleur persiste.

L'agression a été commise le 15 août dernier en sortant d'un bus biennois.

L'agression a été commise le 15 août dernier en sortant d'un bus biennois. Image: V.Dé

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«Je ne m'assieds plus à l'arrière du bus, mais derrière le chauffeur», confie l'immigré africain rencontré dimanche à Bienne. Trois mois plus tôt, le 15 août, celui que l'hebdomadaire «Biel Bienne» a surnommé Aboubacar a été tabassé à la sortie du bus 7.

C'était un jeudi, un «jeudredi» plus précisément, comme on désigne une soirée qui a des allures de vendredi. Il n'est pas encore 23 heures quand Aboubacar (54 ans) prend congé de ses amis à la sortie d’un bar.

Barre métalique

Rentré dans le bus à 22 h 49, il entend quelqu'un l'insulter en suisse allemand. L'immigré, qui comprend «Sale nègre! Retourne en Afrique!», s'assied à l'arrière du bus articulé.

Aux insultes s'ajoute un geste: celui de trancher la gorge. «Il n’avait pas l’air d’avoir bu», confiait récemment Aboubacar à «Biel Bienne». Problème: l'inconnu tenait une barre métallique sous sa veste.

L'agresseur est descendu du bus une station avant lui, mais Aboubacar l'a retrouvé sur son chemin. Bilan: une pluie de coups sur la tête et les jambes. «J'ai vraiment cru mourir et je reste traumatisé», témoigne l'aide soignant, délesté de son smartphone.

Détention provisoire

Alertés par des témoins, secouristes et policiers sont intervenus. Et dix jours plus tard, grâce au signalement fourni, l'agresseur de 31 ans a été arrêté et placé en détention provisoire par un procureur.

Aboubacar vit légalement en Suisse depuis 2002. L'agression a changé sa vie: «Dès que je sens une présence dans mon dos, je crains une agression», dit-il. Sa satisfaction, c'est d'avoir été pris au sérieux par la police. «Ma version a été corroborée par le témoignage des riverains qui se trouvaient sur leur balcon», explique-t-il.

Un genou lui fait mal, mais sa tête aussi, souvent. Le sentiment qui l'habite? «L'énervement, mais aussi la tristesse. Ma vie a changé, ne serait-ce parce que je ne peux plus tenir mon plateau repas dans le restaurant chinois que je fréquente», dit-il en s'éloignant avec ses béquilles.

Depuis l'agression, Aboubacar est dépendant des autres. Mais il y a, dit-il, «des Suisses fantastiques» qui lui viennent en aide.

Vincent Donzé

Créé: 11.11.2019, 06h32

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