Lundi 21 octobre 2019 | Dernière mise à jour 03:26

Besançon Un anesthésiste aurait empoisonné 50 patients

Un médecin-anesthésiste, déjà mis en examen pour sept empoisonnements, a été arrêté à Besançon pour une cinquantaine d'autres cas.

Un anesthésiste arrêté à Besançon.

Un anesthésiste arrêté à Besançon. Image: archive/photo d'illustration/AFP

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Il était déjà mis en examen pour sept cas d'empoisonnement de patients : mardi, le docteur Frédéric Péchier a été placé en garde à vue, interrogé désormais sur une cinquantaine d'incidents médicaux suspects qui pourraient donner une toute autre dimension à cette affaire.

Depuis son placement en garde à vue, mardi à 09H00, le médecin-anesthésiste de Besançon répond au feu roulant des questions des enquêteurs de l'antenne de police judiciaire de la ville.

En mars 2017, mis en examen pour les sept premiers empoisonnements, ce praticien réputé avait été laissé en liberté en dépit des lourdes charges qui pesaient sur lui. Clamant son innocence, il avait toutefois été placé sous contrôle judiciaire, frappé d'une interdiction d'exercice.

«Evénements indésirables graves»

Mais à la même époque, le parquet de Besançon avait ouvert discrètement une enquête préliminaire visant d'autres faits : une cinquantaine de signalements d'«événements indésirables graves» (EIG) survenus dans les cliniques où l'anesthésiste exerçait.

Ce sont ces cas sur lesquels il est désormais interrogé, sa garde à vue de 24 heures étant susceptible d'être prolongée d'autant mercredi matin par le parquet. A l'issue, et si les charges se confirmaient, le parquet pourrait délivrer un réquisitoire supplétif pour joindre cette enquête préliminaire à la première affaire.

Selon la Haute autorité de santé, les EIG sont des événements «inattendu au regard de l'état de santé et de la pathologie du patient dont les conséquences sont le décès, la mise en jeu du pronostic vital ou encore la survenue probable d'un déficit fonctionnel». Les professionnels de santé ont l'obligation de les signaler aux autorités. Mais une source proche du dossier indique que certains de ces EIG pourraient dissimuler des «faits d'empoisonnement potentiels».

«Même ligne de défense»

Affirmant que l'on est «très en-dessous d'une cinquantaine de cas» suspects, l'un des avocats du médecin, Me Randall Schwerdorffer, a indiqué mardi soir à l'AFP que son client qu'il compte assister tout au long de sa garde à vue «collabore à la procédure d'enquête préliminaire».

«Il est toujours sur la même ligne de défense qui consiste à dire qu'il n'a jamais été impliqué de près ou de loin dans un empoisonnement», a poursuivi Me Schwerdorffer, se disant «désagrablement surpris que cette garde à vue ait été rendue publique».

En décembre 2018, les corps de quatre patients, deux hommes et deux femmes, décédés dans des circonstances troublantes lors d'interventions chirurgicales conduites dans l'une des cliniques où exerçait le docteur Péchier ont été exhumés à des fins d'analyses pour les besoins de cette enquête. Tous les dossiers suspects ont par ailleurs été soumis à l'expertise de médecins-anesthésistes.

Doses potentiellement létales de potassium et d'anesthésiques

Dans la première «affaire Péchier», les sept cas d'empoisonnement identifiés étaient ceux de patients âgés de 37 à 53 ans qui avaient subi, entre 2008 et 2017, des interventions chirurgicales ne présentant pas de difficultés particulières. Ils avaient pourtant fait des arrêts cardiaques, deux d'entre eux étant décédés et les cinq autres ayant pu être ranimés. Le docteur Péchier qui n'était pas en charge de ces patients avait été appelé pour secourir certains.

L'enquête a établi que des doses potentiellement létales de potassium et d'anesthésiques avaient été administrées volontairement, provoquant les arrêts cardiaques. Et les soupçons des enquêteurs se sont portés sur le docteur Péchier qui exerçait dans les deux établissements où les incidents opératoires s'étaient produits et qui, dans certains cas, avait posé le bon diagnostic pour ranimer ces malades.

Privilégiant la thèse du «pompier pyromane», les enquêteurs le soupçonnent d'avoir sciemment modifié les poches d'injection de confrères afin de provoquer des incidents opératoires pour exercer ensuite ses talents de réanimateur. (afp/nxp)

Créé: 14.05.2019, 14h00


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